7121 Journal d'un hom(o)me refoulé

La bannière doit faire 1005 x 239 pixels

Journal d'un hom(o)me refoulé
Un blog Yagg
Culture | Non classé | 05.05.2016 - 18 h 15 | 0 COMMENTAIRES
« Tangerine » ou le début d’un cinéma trans inédit

De Sean Baker,

Sorti le 30 décembre 2015 dans la plus totale invisibilité aux yeux des français,

Avec Mya Taylor, Kitana Kiki Rodriguez

 

 

Synopsis :

24 heures dans la vie d’une transsexuelle, errante dans un Los Angeles fou et coloré, à la recherche de la fille qui a couché avec son mec. Une quête haineuse parsemée de rencontres et situations improbables…

Voilà grossièrement le déroulement du film, du cinéma entièrement filmé avec des smartphones de la marque à la pomme, trafiqué pour ne pas que ça soit trop dégueulasse à voir pour les spectateurs. Ce film, c’est le pari fou d’un réalisateur curieux de nous dévoiler un côté célèbre de la cité des anges : la prostitution. Il a rencontré par hasard ces 2 actrices dans un centre LGBT du même quartier que celui où se passe l’action du film. Alors évidemment, c’est pas un blockbuster où on s’en prend plein la gueule, on crache des punchlines d’enfer et où on trouve des femmes dépourvues de cerveau tombant dans les bras d’Hercule des temps modernes. Non. C’est la sincérité et la véritable vie de ce qui peut se passer dans un couple normal quand il s’agit de « cocufiage » ou de tromperie, que ce soit pour les hétéros, les homos, les bi ou les trans. C’est aussi une vision fixe de caméra plantée en plein milieu d’un quartier : avec ces hommes mariés qui, en manque de sensation sexuelle ou bien de frustration, engagent des prostitués, cette mixité propres aux banlieues où tout le monde se mélange et ne se juge pas, c’est exulter l’humour du quotidien. C’est réellement ça qui est marquant dans ce film, c’est la profusion des genres, des goûts et des couleurs et c’est ce qui peut donner idylliquement envie au spectateur de se barrer de sa ville conservatrice et d’aller s’installer dans ces villes riches et tolérantes. Il embellit aussi la situation des trans aux États-Unis qui est de plus en plus reconnue et tolérée mais on n’oublie malheureusement pas que ce n’est pas aussi beau dans la vraie vie et que les trans sont toujours et encore victimes de discrimination et de mauvais traitement. Mais il a au moins le mérite et la portée de faire changer petit à petit le point de vue sur les trans aux américains bien attachés à leur bible et leur principe pieu.

Bref, ce film parle d’une situation, ma foi, assez commune : l’infidélité dans un couple, et qui tend à révéler au monde un nouveau genre dans le cinéma classique américain car comme le dit si bien Mya Taylor (quelle belle femme !) dans son discours de remise du Film Independant Spirit Awards, il existe un talent transgenre ! Et l’important n’est pas de s’arrêter à ce petit bijou cinématographique mais bien de créer d’autres à partir de cette base-ci si pertinente.

En prime, le discours (en anglais) :

Culture | Non classé | 16.04.2016 - 09 h 23 | 0 COMMENTAIRES
« Demolition » ou un deuil mal accepté

De Jean-Marc Vallée (le génial réalisateur entre autres de Wild, Dallas Buyers Club, C.R.A.Z.Y.)

Avec Jake Gyllenhaal, Naomi Watts, Judah Lewis, Chris Cooper

Sorti le 06 Avril 2016 en France et actuellement à l’affiche.

Synopsis : « Davis Mitchell, un investisseur financier, perd brutalement sa femme dans un accident de voiture. Il réagit différemment par rapport aux autres à cette annonce brutale et va essayer (ou pas) de comprendre pourquoi il ressent rien vis-à-vis de la mort de sa femme. Un concours de circonstances va le pousser à dévoiler sa vie au service client d’une compagnie de distributeurs automatiques. C’est le début d’un éveil, d’une découverte épanouissante du monde qui l’entoure… »

Un joli film de 1h40 qui exploite pleins de sujets : le deuil principalement et la réaction individuelle face à un choc brutal et les mécanismes que chacun met en place pour affronter cette épreuve, l’identité et sa différence qui touche la personne anticonformiste ou l’individu unique, l’épanouissement, la beauté,… C’est un film où on pleure, on réfléchit, on est touché, on se révolte, on rit car Davis Mitchell est vraiment un personnage barré ! Avec de véritables scènes magnifiques, des prises de vue intéressantes, il s’inscrit dans la continuité d’un cinéma démonstratif, tout en retenu, ne se voulant pas du tout juge, comme une caméra abandonné dans un coin paumé qui filme tout ce qui passe dans son champ.

Servi par un casting très bien fichu, Jake Gyllenhaal se repose encore une fois sur un personnage tout en introspection, se refermant sur lui-même plutôt que de s’ouvrir, ne dévoilant qu’une partie de ses sentiments. Il est plutôt bon quand il s’agit d’intérioriser, il l’a fait de nombreuses fois dans d’autres films un peu en marge (je pense à Enemy). Il nous montre un personnage complexe, un peu torturé sur les bords, en proie à un combat intérieur qu’il ne montre pas forcément et qui, pour faire bouger les choses, démonte les objets, détruit et brise les murs à coups de masses. Une fois les actions entreprises, il peut enfin s’ouvrir, tel une fleur après une pluie fine et longue. Naomi Watts n’est pas très exploitée, elle est mise de côté, je trouve, pour montrer à la lumière son fils dans le film Judah Lewis qui vraiment m’a marqué et m’a touché. Sur fond d’adolescence, on tombe un peu dans le cliché du retournement de personnalité avec une découverte humaine, sexuelle et toutes les conséquences qui en découlent. Mais ce cliché est nécessaire pour révéler et rabâcher aux spectateurs une vérité et une réalité troublantes.

Pour finir, j’ai été attiré par la bande-annonce dès le premier coup d’œil (peut être dû au fait que j’ai littéralement bouffé tous les anciens films de Vallée) et j’ai juste conclu mon voyage dans la tête de ce jeune veuf, dans une salle de cinéma malheureusement vide (dû au peu de visibilité qu’a eu ce film). Un joli film qui ne blase pas, qui arrive à ne pas tomber dans le cliché lourd et pesant d’un deuil brutal et qui survole le sujet par une bande originale et un casting étonnants.

Culture | Non classé | 13.04.2016 - 18 h 03 | 0 COMMENTAIRES
« C’est arrivé près de chez vous » ou la marque indélébile d’un faux documentaire mythique

Monument du cinéma belge, C’est arrivé près de chez vous, sorti en 1992, explore via un faux documentaire la vie trépidante d’un tueur en série. On suit la vie de Benoît, un tueur fou, conscient de ses actes terribles et qui rationalise ses actions d’un parler rapide et incisif. On assiste à une descente aux enfers et à l’environnement pourtant chaleureux mais impuissant de sa famille et des journalistes venus le filmer.

Tourné en noir et blanc, ce film exploite un genre qui n’était pas beaucoup utilisé auparavant dans le cinéma : le faux-documentaire (le plus connu étant Cannibal Holocaust sorti en 1980). Filmé en pellicule 16 mm, il était à la base un travail de fin d’étude du réalisateur et metteur en scène véritable Rémy Belvaux, accompagné par André Bonzel le cameraman. Le travail de fin d’étude projeté et noté, l’idée d’en faire un film se développa et des scènes autrefois coupées par les professeurs furent réintégrées et d’autres ajoutées. Le film fit évidemment scandale par sa violence sexuelle, physique et psychologique : une combinaison diabolique détestée par les services audiovisuels.

Assez parlé du contexte, venons-en au fait ! On est marqué dès le début du film par la facilité quasi enfantine du modus operandi de Ben, de ses réflexions sur l’urbanisme, les « enfants du soleil », le cloisonnement de la société…etc. On assiste impuissant à l’amitié naissante entre les journalistes et cet homme pourtant si charmant au premier abord. Le film casse les codes du documentaire et on immisce les journalistes malgré eux dans une histoire qui les dépasse. Il ne déçoit jamais, il dégoûte et rend insupportable certaines scènes véritablement choquantes. Si on regarde seul ce film d’une heure trente environ, dans sa chambre, lumières éteintes, on croise mentalement les doigts pour ne pas tomber sur ce fou, venu aléatoirement tuer quelqu’un. On survole la complexité mentale d’un être torturé, encore gamin par moments, avide d’argent et d’amitié. On renifle comme par instinct les caractéristiques d’un homme trop souvent seul et autrefois déçu d’une compagnie un peu trop ennuyeuse, aimant les belles lettres et la culture populaire. Je classerais cet homme comme un gentil tueur : une personne dont on se bat pour être de son côté et surtout pas de l’autre.

C’est un film dur, violent et beau dans ces élucubrations lyriques et ces dialogues pertinents. Un film culte… certes.

La bande annonce pour les curieux…

Culture | Non classé | Perso | 13.04.2016 - 17 h 22 | 0 COMMENTAIRES
Vies Quotidiennes Délurées 2

Supporter une conversation bruyante dans un endroit clos et renfermé, boire des bières à s’en exploser le bide et ainsi vomir discrètement sur un pare-terre de pelouse dans un gargarisme bulleux, c’est vivre une vie banale de mec flingué, à la dérive, dans un environnement souillé et pernicieux. « Tu ne permets juste rien du tout. Tu vas d’abord me soigner cette mauvaise peau et ensuite tu te permets, ok ? »

18:00 Sortie près d’un square

Exhiber du papier Q en sortant du supermarché, c’est montrer aux passants la manière et le matos avec lequel on se nettoie le cul. Comme si on exposait à une partie du monde, son intimité, celle que tout le monde réalise. Car tout le monde (quasiment) se frotte le cul avec du papier une fois qu’il s’est déchargé de quelques kilos. Mais bizarrement, quand on se balade dans la rue avec des rouleaux qui dépassent de votre sac, les gens sont comme absorbés par cette offrande pudique, intime. Intrinsèquement, on réalise la même routine quand il s’agit d’aller aux toilettes mais on a une attention perverse à savoir comment les autres le font. Tel un mode d’emploi pour le cul, choisir la bonne texture des papiers, la douceur parfaite pour effleurer une peau si douce et parfois négligée.

23:30 Retour à domicile à pied

Je marche depuis plus de trente minutes, mes hanches me font mal, mes talons commencent à souffrir… J’observe les fenêtres encore allumées où des têtes dépassent, où l’on devine une décoration fleurie, moderne parfois ou encore inexistante. Je fantasme à chaque passage d’un beau mec : me faire emmener dans un de ces kebabs pour sucer quelques inconnus. Ce soir-là, je me sens terriblement excité par chaque homme que je croise, particulièrement des bruns barbus, mon kiffe. Bref, je me fais des tonnes de film, d’univers parallèles où un jeune homme esseulé tombe par hasard sur une île déserte peuplée de beaux éphèbes grecs, huileux, musclés et poilus. Aaahh quelle découverte ! Je repartirais de cette île en conquérant, un explorateur de terres vierges et sauvages, mon roman d’aventure sous le bras, écrit avec du charbon et une plume de Charakchakoua, un oiseau disparu de nos jours. Dans mon bateau, le regard à l’horizon, le soleil dans les yeux, je sourirais et j’exploserais de joie devant la satisfaction d’avoir fait une découverte majeure, d’avoir pu aussi récupérer quelques IST sur le passage et de les exporter fièrement sur le continent.

20:30 Au retour d’une pièce de théâtre magnifique

Je suis assis tranquillement dans le tram : un homme en face de moi me matte sans vergogne, en fixant mon paquet un peu boursouflé artificiellement par mes jambes croisées. Cet homme est banal, sans atout physique particulier ni charme facial quelconque. Comme un début de rencontre à la Looking entre Patrick et Richie mais qui finalement, n’aboutira pas. La scène la plus intéressante ne se passe pas avec cet homme brun mais elle se déroule à côté de moi. Une femme plutôt jeune, vers 25 ans, les habits clairs, des chaussures noires à talons, portant un discret sac à main. La chevelure blonde avec de magnifiques racines brunes, le genre de coiffure qui effraie la plus folle des coiffeurs. Elle parle fort dans son kit main-libre pour raconter une histoire des plus communes : un banal syndrome grippal chez son fils, un message super hilarant d’un certain Abdul, bref, une vie des plus pathétiques. Elle a sûrement eu un fils d’un homme qui l’a quittée juste après qu’elle ait accouchée. Comme une serviette mouillée que l’on jette après une vaisselle trop importante ou encore comme un géranium qui ne fleurit plus et qui a trop bourgeonné.

On la voit comme une mère jeune qui, pour se rebeller de parents trop protecteurs, se fait engrosser dès 17 ans par le premier venu doté d’un pénis. Et avec un peu de chance, elle se dépucellera dans le même temps. Un désir de grossesse précoce aussi incompréhensible que dangereux. Pour montrer au monde son mal-être et son instabilité psychologique, elle fait souffrir avec elle, un humain en devenir qui n’a rien demandé. Il arrive comme un cheveu dans la soupe, en plein chaos, dans une situation compliquée, complexe, difficile, bref, un terrain parfait pour un nourrisson.

Culture | Non classé | Perso | 29.03.2016 - 15 h 38 | 0 COMMENTAIRES
Vies Quotidiennes Délurées

Dépeindre des situations quotidiennes, en les détaillant et en allant un petit peu plus loin qu’une simple description sommaire et ennuyeuse, en allant dans la vulgarité gratuite et trash d’un pareil tableau.

0:00 Derniers tramways disponibles

Je suis assis à côté d’une chinoise obèse, les yeux rivés sur son portable en train de jouer à un RPG japonais ou chinois, des traces de farine sur les cuisses, un panier rempli de légumes et de courses diverses et variées où sortent des céleris, des carottes (et autres objets ostentatoires utiles pour la masturbation anale ou vaginale. Un répit pour ces femmes insatisfaites de leurs maris éjaculateurs précoces ou impuissants.) Passer sa vie dans un monde irréel et le retranscrire dans une réalité malhonnête et blessante. On voit bien que cette femme est malheureuse, dans sa peau, sa vie. Elle rentre chez elle avec un sac de provisions sous le bras, son portable qui ne vibre plus que pour des publicités reçues par sms, son visage dépité parcourt son salon vide. Manque cruel de décorations originales ou personnelles. Elle découvre dans un soupir un homme gros, allongé sur le canapé, les pieds poilus reposés sur une table basse Ikéa. Elle est étouffée par un mari trop présent et trop autoritaire. Elle se soumet telle une esclave au XVIIIe siècle, frustrée de voir son mari et son manque de romantisme, son excès de jalousie et son omniprésence dans sa vie triste. La sexualité, elle la découvre dans des livres ou dans des séries télé qu’elle bouffe littéralement à longueur de journée, faute de trouver un travail décent. Son mari la dégoutte mais elle ne peut pas le quitter, qui voudrait d’elle sinon ?

A côté d’elle, se trouve une jeune femme de 25-30 ans, enceinte jusqu’aux oreilles, le visage fatigué, les traits tirés et les rides marqués. Un bel avant-goût de la beauté de la grossesse. Elle attend impatiemment ce jour fatidique, le jour où, le vagin déchiré par la pression, elle expulsera ce parasite qui a mis des mois à se développer. Des mois à manger comme quatre pour nourrir un être en devenir, des mois à vomir tout le contenu de son estomac, des mois à ne plus pouvoir apprécier ce qu’elle aimait manger auparavant, des mois à aller aux toilettes toutes les trente secondes. Une horreur qui va se terminer par le plus beau jour de sa vie, quand elle regardera le visage neutre de ce bébé, les yeux plissés, non encore ouverts, encore préservés de l’innocence et la pureté de son habitation organique. Quand elle comparera son physique avec celui de son mari ou elle et trouvera à qui il ressemble le plus. Quand elle posera sur son sein la petite tête douce et encore humide de ce bébé, son bébé.

En face, un couple en train de se papouiller. Elle : talons hauts noir, collants de la même couleur, une jupe ras la salle de jeu et un manteau en fourrure imprimé léopard. Bref, une pute ! Et son mec assis près d’elle, le doigt prêt à partir dans sa chatte, elle lui caresse avec insistance la cuisse. Le spectacle sera bruyant et sportif quand ils rentreront chez eux. L’homme est moche, tristement habillé, les cheveux longs et le pantalon usé. On ne comprend pas trop l’alchimie entre eux deux. A part peut être, un point commun sexuel, une connexion retrouvée au lit : la nymphomanie ou le satyrisme. Peut-être a-t-il un GROS atout qu’il lui plaît ? Elle, on le sait, ferait bander n’importe quel homme en manque donc ça ne vient sûrement pas de lui. Il ne fait juste qu’être un homme, il choisit la plus pulpeuse qui acceptera de coucher avec lui. Par contre, à l’opposé, elle est attirée par quelque chose de matériel. Une envie qui la pousse à persévérer son illusion charnelle. Un besoin nécessaire pour assouvir ses fantasmes les plus inavouables comme par exemple, être insultée de salope ou de pute pendant qu’elle se fait prendre en levrette devant un public ébahi, leurs mains secouant leurs sexes désabusés. Une base humaine, des outils faits de membres et de pénis érigés, occupés à lui procurer un plaisir immense. Prendre les hommes pour des machines sexuelles, pour une fois que c’est l’inverse. La soumission de l’homme face à la femme quand il s’agit de bombe sexuelle ou de pin-up qui n’ont peur de rien. Elle se dit qu’elle pourrait faire la même chose que des mannequins mariées des dizaines de fois. Elle sait très bien ce qu’elle reflète, elle sait parfaitement l’effet qu’elle procure sur les hommes. Pourquoi n’en ferait-elle pas un avantage ? Comme un homme superficiel et beau, elle profite de sa notoriété physique pour attirer les faveurs et les fantasmes. Or c’est ce qu’elle veut, combler des fantasmes, remplir une liste de fantasmes non encore réalisés, prêts à être proposés et réalisés dans les plus brefs délais.

Un autre couple me regarde : je sens qu’il remarque mon attitude un petit peu moins viril que les rugbymans ou les maçons, les jambes croisées, le regard lointain, j’ai hâte de rentrer chez moi et de me coucher. Et je vois ces deux abrutis le visage étiré par l’alcool en train de m’analyser, de faire des remarques un peu hautes, de rire ensemble… Je l’avoue il y a peut-être un peu de paranoïa ajoutée mais je suis quasiment persuadé qu’il moquait mon orientation. Comme un petit groupe d’hommes perfides se frottant les mains sur la misère humaine, les poches remplies de cash débordent d’avarice et de cupidité. Un groupuscule armé de grandes dents toutes plus banches que jaunes, des monocles sur leurs longs nez disgracieux, débute une partie de poker dans une salle mal éclairée, respirant la fortune et la corruption. Ils parlent de la misère du monde et des normes sociales dictées par l’élite de la nation. Ils discutent de ce qu’il faut faire et ne pas faire, ce qu’il faut montrer et cacher par la suite. Ils vagissent sur les orientations multiples des hommes et prônent une conception ancienne et hétéro-normée d’une société en plein essor. Les pd ou les tapettes n’ont rien à faire ici, dans ce monde ! Qu’ils aillent s’enculer ailleurs et qu’ils ne polluent pas la sexualité de nos pures éphèbes et de nos gracieuses vierges. Pertinent. Surtout venant d’eux car leur sexualité se résume à deux grognements, la sueur au front, la bite dans un bourrelet sans le remarquer, les dents serrées, des crampes aux cuisses. Ils assistent inconsciemment à leur impuissance et leur manque de pratique. Eux qui critiquent les hommes, ne sont pas foutus de baiser correctement et de satisfaire leur femme qui, depuis le temps, a oubliée elle aussi ce que c’était que de se faire pénétrer.

Un autre homme vient s’asseoir sur un siège à gauche de moi. Il est gros, suant, une casquette sur la tête, un complet jogging-basket digne des grands stylistes parisiens, une bière dans la main et deux dans la poche ventrale de son manteau. Tel un kangourou qui aurait sombré dans l’alcoolisme plutôt que dans la nature, l’obésité androïde marquée, il fixe une nana un peu trop bien habillée pour ce tramway d’ivrognes et de pervers lourds. On sent dans ses yeux l’envie, l’appétit sexuel de se taper une femme comme elle. On s’attend à une légère modification de la voussure au niveau de sa braguette, une fois les images en tête. Il s’imagine peut-être la baiser violemment et la satisfaire des heures durant. Mais la réalité revient au galop et l’éjaculation se fait trop rapide. Lui, honteux et elle, frustrée se quittent dans un « au-revoir » qui en dit long sur des souffrances inopérables et refoulées qui touchent les petits comme les grands, les mieux dotés comme les plus modestes.

Culture | 19.03.2016 - 20 h 14 | 0 COMMENTAIRES
Petit classement des meilleurs albums indé de 2015

Un review des albums qui m’ont marqué pendant cette année 2015. Un petit panel modeste pour les curieux de la musique et qui sont un peu bloqué musicalement, vous savez, quand on cherche de nouvelles musiques à écouter mais on ne sait pas où et comment faire pour en trouver spontanément ! Voici un petit classement de l’album cool à mon préféré de l’année, celui que j’ai dosé une bonne trentaine de fois :

 

43bd497f

5. Courtney Barnett – Sometimes I Sit And Think, And Sometimes I Just Sit

J’étais tombé par hasard sur un article des Inrocks sur cette artiste australienne, assez inconnue du public français mais qui mérite d’être plus écoutée. Une fois l’article terminé, je suis allé m’écouter une playlist Youtube et je suis tombé réellement fan. Mon état du moment m’a fait beaucoup aimé cette chanteuse atypique, à la voix rauque et le look cool. Des titres clé : An Illustration Of Loneliness (Sleepless in New York), Aqua Profunda! avec une préférence pour Nobody Really Cares if You Don’t Go To The Party.

Son album est un ramassis de ballades rock qui vous font bouger votre petit cul de comptable sédentaire, arrachant ses lunettes et défaisant son chouchou qui retient alors une queue de cheval beaucoup trop stricte.

 

 

BTWWB

4. Girlpool – Before the World was Big

Deux filles qui, quand on les voit pour la première fois en photo, donnent envie d’être potes avec directement. Deux américaines aux multiples talents qui chantent et grattent en même temps. J’adore le style duo avec deux filles qui chantent ensemble des titres joyeux ou un peu mélo-dramatiques comme leur meilleure Chinatown ou encore le canon dans Before the World was Big. On croirait entendre dès fois un track de publicité ou une BO de dessins-animés. En les imaginant secouer leurs têtes au rythme des accords de guitare et/ou de basse, les voir sourire quand elles se regardent à la fin d’une chanson, apprécier une musique indépendante, sans superflus ou d’effets surajoutés, sans vocalises en excès et sans sons à ne plus pouvoir différencier chacun des instruments qui composent la musique.

 
Currents_artwork_(Tame_Impala_album)

3. Tame Impala – Currents

Découvert grâce à un inconnu cultivé sur un site de rencontre, ce groupe est vraiment plaisant à écouter. Des berceuses électriques, des balades idylliques, des évasions psychédéliques… Cet album est composé d’un parcours naturel et reposant. Une invitation à la découverte, parfaite à explorer en fermant les yeux, allongé sur son lit, en se laissant bercer par les mélodies. Plus mouvementé qu’un Pink Floyd mais produisant quasiment le même effet, un trip mental, perpétué par la musique. Petits kiffs : The Moment et une préférence pour The Less I Know The Better.

 
Cover

2. Ezra Furman – Perpetual Motion People

Un artiste très bizarre au premier abord, un peu travelo sur les bords, moitié homme-moitié femme, un personnage à part entière, tellement appréciable musicalement. Un mec inclassable dans les genres de musique et sexuels, un être intéressant à suivre au vu de ses réflexions et de ses paroles. Des titres un peu foufous comme Pot Holes ou encore l’addictif Hark ! to the music (malheureusement trop court…), Hour of Deepest Need dans son côté dramatique où bien Ordinary Life, une bonne balade contemplative. Ezra Furman s’écoute un peu comme un album des Fat White Family : on ne sait pas trop à quoi s’attendre avec le côté dégueulasse en moins. Si vous appréciez le personnage et la musique : écoutez Androgynous qui, pour moi, est sa meilleure chanson !

 
Soko-My-Dreams-Dictate-My-Reality

1. Soko – My Dreams Dictate my Reality

J’étais déjà tombé amoureux du talent de cette jeune artiste française qui chante en anglais dans son album I Thought I Was an Alien. Amoureux de sa simplicité, de sa facilité à faire d’une musique un titre entêtant. J’ai du être bloqué des semaines sur I just want to make it new with you. Elle dépeint des tortures adolescentes, un esprit complexe et riche, une petite fille qui réfléchit sur sa condition, ses pensées anticonformistes. Un album de Soko, c’est une balade douce, traversée par des notes subtiles, des moments de grâce et des chansons tristes. Son accent français est touchant et pas gênant, cela rajoute un petit côté mimi avec sa voix de jeune fille.

L’album My Dreams Dictate my Reality est le prolongement artistique de son avant-dernier album mais en plus rock et moins lo-fi que l’était le précédent. Il m’a directement fait penser à des chansons de The Cure au temps des boîtes à rythme et des musiques lancinantes. J’ai adoré cet album que j’ai écouté avec autant d’attention qu’un public boit les paroles d’un orateur extraordinaire. Quelques titres phares personnels qui m’ont touché : Bad Poetry, Peter Pan Syndrome ou encore l’excellent Lovetrap. Parmi tant d’autres car elles sont vraiment toutes excellentes. Certaines vous boostent, d’autres vous font déprimer… C’est ce que la musique peut procurer de meilleur, un éventail parfait d’émotions et de sentiments auditifs.

Culture | 10.03.2016 - 18 h 11 | 1 COMMENTAIRES
Transparent

Créée en 2014 par Jill Soloway, avec Jeffrey Tambor notamment

Le speech : « Un père de famille Morton Pfefferman, professeur de science politique à la retraite et divorcé, annonce à sa famille, c’est-à-dire ses deux filles et son fils, qu’il est une femme. Il devient ainsi Maura. Cette série est le récit de son annonce, de son passé et des conséquences que cela engendre que ce soit pour Maura mais aussi pour sa famille… »

S1T-Cartaz

Cette série a été ma révélation de l’année 2015 ! La question de genre et la reconnaissance des transsexuel(le)s bercent cette série modeste, belle, créative, super bien montée et portée par une BO diverse, variée et détonante (Tame Impala, Jim Croce, FussyPuss et j’en passe). On découvre les bouleversements d’une annonce qui peut être compliquée à gérer. On assiste à la discrimination forte et redoutable envers les trans, le combat singulier qu’ils doivent mener pour s’affirmer, vivre tranquillement, sans qu’on les juge ou les montre du doigt. C’est une histoire poétique et touchante d’une famille juive honnête et vraie avec ses réflexions sur la religion, la sexualité, l’amitié, le mariage, les rencontres, l’amour… Jeffrey Tambor est magnifique dans ce personnage qui se révulse d’un genre qui n’est pas le sien, qui se réveille dans un cocon qui lui est propre, dans une personnalité qui est véritablement la sienne et non pas, une identité cachée pour plaire à tout le monde. Sans tomber dans le travelotage vulgaire et malsain qui est dangereux à suivre pour un sujet compliqué à expliquer au grand public. Jill Soloway est une brillante scénariste qui s’est inspirée de sa vie familiale et personnelle pour écrire cette série si agréable et créative. Grâce à elle, la communauté T des LGBT prend plus d’importance aux yeux de tous et montre à tout le monde la galère dans laquelle se trouvent les personnes transgenres. La première saison est une douce mise en bouche de la situation et, je trouve que la deuxième est une véritable explosion dans les rebondissements, les moments de grâce (Humble Thyself in the Sight of The Lord…) et les moments de choix et de drame.

Une série évidemment à regarder avec attention… (Je l’ai déjà regardé deux ou trois fois, les 2 saisons confondues, regardez-là vite vite !!)

Culture | 10.03.2016 - 17 h 51 | 0 COMMENTAIRES
Mr Robot

Début de diffusion : juin 2015. Avec Rami Malek, Christian Slater, Portia Doubleday…

Le speech : Elliot Alderson est un informaticien brillant, travaillant tantot comme ingénieur en sécurité informatique et tantot comme hacker. Tourmenté par tout un tas de troubles psychologiques, il fait la rencontre d’un anarchiste « Mr Robot » qui monte un groupuscule de hackers, la « Fsociety » afin de renverser la multinationale surpuissante E Corp.

Mr-Robot-2015-TV-series-USA-Network-Bible-urbaine-4

Une série captivante du début jusqu’à la fin de la première saison ! J’en ai bouffé des épisodes à la suite au lieu de bosser mes cours mais… quel plaisir cette série ! J’ai tout de suite accroché au personnage principal, joué par Rami Malek, un inconnu au bataillon dans ce rôle de jeune adulte en pleine crise existentielle, subissant un trouble d’anxiété sociale, une dépression, de la paranoïa et des hallucinations, entre autres. On a pitié de cet homme qui souffre mais qui ne dit rien et en même temps, on envie cet homme aux multiples facettes qui pirate un ordinateur en deux temps trois mouvements et qui accède à toutes vos données, même les plus intimes. On envie ce côté je-m’en-foutiste et libre d’une certaine façon. On se projette dans une vie faite de rebondissements multiples et de prises de risques inconsidérées. La BO est juste dingue ! Il y a entre autres the Cure <3 Pictures of You qui explose en fin de saison notamment. Elle va plus largement ouvrir des horizons de réflexion sur un système corrompu par l’argent et le pouvoir, la place de l’informatique dans le monde, l’anticapitalisme,…etc. Bref, c’est une série riche de sens et d’émotions. Je la conseille à tout le monde, même ceux nuls en informatique, que ce soit pour les geeks, les initiés ou tout simplement les personnes curieuses de mater tranquillement chez soi une série modeste et touchante.

Culture | 10.03.2016 - 17 h 41 | 0 COMMENTAIRES
11.22.63

Quel est le rapport entre l’image du couple Kennedy et cette suite de chiffres ? La date de l’assassinat du président à Dallas, le 22 Novembre 1963.

112263-james-franco-hulu-image

C’est une série créée en 2016, adaptée du roman éponyme de Stephen King, paru en 2013 en France. Produite par J.J Abrams et Stephen King, elle relate sous fond de début de guerre froide, une étonnante enquête de par les époques.

Le speech : « Jake Epping (joué par le beau James Franco), un professeur d’anglais de lycée du Maine (encore et toujours cette province américaine), se voit un jour proposer une mission par un vieil ami Al Templeton qui relève de l’impossible. Il lui révèle qu’il existe dans une armoire un portail temporel menant directement en 1960. Son ami mourrant, il lui confie la tâche de changer le cours de l’histoire et d’empêcher : le 22 Novembre 1963 l’assassinat du président Kennedy. »

C’est ainsi que la série commence et elle est prenante dès l’épisode-pilote. Les épisodes durent certes une heure pour la plupart (la diffusion se déroule en ce moment, les quatre premiers épisodes sont déjà sortis) mais on est transporté pendant toute la durée de l’histoire. L’histoire est très bien ficelée, les rebondissements sont un peu prévisibles pour certains mais globalement, on est pas déçu. Tout ça est servi par une BO des années 60 hyper plaisante. C’est une façon d’explorer les Etats-Unis dans les sixties, la culture, les voitures, la situation politique en place. Un moyen aussi de (re)découvrir les théories autour de l’assassinat et de Lee Harvey Oswald.

Une série à conseiller pour ceux qui apprécient le fantastique, Stephen King, James Franco et du vieux Pop Rock au sens littéral du terme !

Perso | 28.02.2016 - 21 h 04 | 0 COMMENTAIRES
Réflexions 2

Une rupture amoureuse est un événement tragique mais révélateur d’une vie. Une fois le moment le plus difficile passé, on ouvre les yeux sur notre vie et on réfléchit sur son bonheur et sa vie antérieure. Bref, on fait le bilan de ce qui va et de ce qui ne va pas. Tout ça précipité par une rencontre opportune lors d’un plan cul, par exemple. C’est ce qui m’est arrivé.

Quelle situation tragique de se rendre compte que son amant n’est pas aussi amoureux que vous et qu’il préfère donc arrêter une relation, pourtant tellement épanouissante. L’annonce brutale d’une rupture inattendue est choquante mais se révèle au final réfléchie et juste.

Une semaine est passée depuis ma rupture et je me mets en quête d’un plan direct d’un soir sur mon site de rencontre habituel. Je rencontre un homme plus âgé que moi (c’est classique) et il me propose d’aller chez lui. Pratique, il habite à moins de 20 minutes de mon appart’. Je me mets en route. Dehors, une fine pluie tombe mais ça ne me gêne pas. Je marche tranquillement, il commence à faire nuit, la pluie a un effet agréable sur la peau, je mets ma tête en l’air et apprécie chaque goutte de pluie qui rencontre mon visage. Arrivé devant son immeuble, je sonne au numéro qu’il m’avait indiqué auparavant et je me dirige non sans un petit stress jusque devant sa porte entrouverte. Il m’accueille avec un sourire forcé et le visage inexpressif, je me dis Étrange… mais bon passons, il n’est pas très beau mais il fera amplement l’affaire, s’il sait bien s’occuper de moi. On commence à se caresser et à s’embrasser. Lors de nos embrassades, ses yeux restaient ouverts, la langue dans ma bouche, je le regarde de temps en temps, j’ai l’impression d’embrasser langoureusement un cadavre. Ça me refroidit un peu… L’homme a des atouts physiques relativement intéressants que je commence directement à m’occuper et on fait notre affaire. Il est accessoirement impuissant lorsqu’il va essayer de me pénétrer mais ce n’est pas très grave, on a tous nos petits soucis d’érection lorsqu’il faut mettre une capote. Et je me rends compte que ça arrive même aux mecs qui ont la trentaine passée et pas uniquement aux jeunots, stressés par un rencart plié à la va-vite. On ne s’arrête pas là et au final, je dirais que le moment est relativement agréable, à part que c’est bien l’homme le plus silencieux et le plus aphone que j’ai pu rencontrer jusque-là, je vais jusqu’à essayer de lui faire arracher quelques mots ou quelques gémissements. C’était bien mais pas aussi agréable qu’auparavant avec mon ex, loin de là.

En sortant de chez lui, je me remets en chemin, à pied, et je fais un petit débriefing de ma situation : cet homme sans le vouloir m’a ouvert les yeux sur la pertinence d’une juxtaposition de relations rapides et purement sexuelles. Pour tout vous dire, ça m’a blasé de voir cet homme grisonnant, fumeur compulsif et amateur de jeunes hommes passer par Internet pour rencontrer des hommes. Je me suis mis à sa place et j’ai trouvé ça d’une tristesse sans nom et je me suis dit : Tu ne seras pas comme ça à cet âge-là, fais-en le serment ! Car certes, c’est sympa de rencontrer pleins de personnes différents et facilement mais je trouve ça triste de se contenter d’une vie volage, faite de rencontres fortuites et non fusionnelles. Ainsi il faut se reposer sur des réguliers dont on connaît vraiment le fonctionnement physique et intellectuel. Mais pas des plans surajoutés, des personnes que l’on ne verra qu’une unique fois lors d’une partie de sexe sans saveur, ni goût. Car on est condamné dans une vie de bohème sans attaches entre souffrir, enchaînant les déceptions que ce soit sexuelles, physiques ou humaines tout simplement, la tristesse d’une vie instable, le non-accomplissement d’un travail de toute une vie et le bonheur, l’extase d’une vie rythmée par des personnes différentes, intéressantes, le fait de ne pas savoir ce que demain sera fait…etc. On pourrait en parler pendant des heures et continuer de n’être pas d’accord sur ces points. Je me suis juste dis Stop !

J’ai pris la résolution de ne plus (pour l’instant) rencontrer d’hommes pour des plans directs, à part si le mec a vraiment quelque chose de plaisant et qu’il y a un véritable feeling entre nous et pas juste un homme passable qui comblera juste des pulsions primitives. Je pense que ma relation m’a fait grandir sur ce point et que je deviens ainsi plus sentimental, plus réfléchi (peut-être plus posé et plus chiant mais je l’accepte…) et moins impulsif que je ne l’étais avant.. Et pour cela, je remercie mon ex de m’avoir brisé le cœur mais surtout de m’avoir fait ouvrir les yeux sur un système, certes agréable mais pas du tout extrapolable pour une vie entière, en tout cas pour ce qui est de ma vie.

Je me rends compte avec du recul (du peu que j’ai maintenant) qu’il faut avant de faire un plan avoir un package lourd de puissance mentale et physique pour vouloir clairement ce qu’on désire ce qui amène inévitablement à un plaisir égoïste si on est un peu trop idiot pour ne pas se rendre compte qu’il y a une personne en face, pour ne pas s’amouracher d’un régulier un peu trop attachant et agréable. Se contenter juste du sexe et d’une connexion et réfuter les sentiments les accompagnant. Avoir une force mentale assez puissante pour aimer cette juxtaposition sans nom d’hommes pris à la chaîne et dont on ne retient rien ou quelques miettes, éparpillées dans un cerveau trop embrumé. Je pense qu’on devient inévitablement, si on suit cette philosophie de vie, triste et seul. On a ainsi l’impression d’être entouré d’éphèbes musclés et rutilants mais au fond, on est aussi seul que le Chaperon-Rouge dans le bois sombre, un panier et le manger sous le bras puisque ces hommes ne remplissent pas la condition d’un ami ou d’un amant, juste un passe-temps ça ou là fait de relations fades.

On déroule avec sa souris, la liste sans fin de pseudonymes sans saveurs, n’aiguisant la curiosité que de certaines personnes qui aiment vivre ce genre de vie. Ce n’est pas pour moi, j’aimerais pourtant avoir à me satisfaire de peu et de pouvoir complètement déconnecter mes sentiments quand il est question de sexe ou de relations mais c’est impossible. Je crois qu’il faut au moins se contenter d’un peu d’amour et de relations un peu plus complexes pour vivre sereinement et sans soucis apparents. Or cette réflexion n’a pas sa place sur un site, rempli de stéréotypes, de superficialité et d’esprits variés qui ne demandent en aucun cas de se prendre la tête sur une personne trop complexe ou qui réfléchit beaucoup trop sur sa condition. Ce genre de personne est à fuir comme la peste, on ne vient pas se vider les couilles sur quelqu’un qui va, pendant l’acte, te demander ce que tu penses de la condition des homosexuelles en Russie. Non. On baise, on ferme sa gueule, on exprime ce que l’autre veut qu’on exprime, c’est-à-dire des gémissements sans fondements, des murmures simulés aussi faux qu’un sermon. Je n’ai pas peur de dire que je le fais parfois pour réveiller mon partenaire qui était un peu trop mollasson et pour maintenir le rythme. Apprécier les corps parfaits, les membres superbes, les fessiers courbés et bombés imberbes, sans aucunes imperfections. Bref, vivre dans un monde éloigné, loin de cette réalité où se côtoie des vieux grassouillets sympathiques, des jeunes maigres compliqués, des hommes poilus, imberbes, barbus, à lunettes, cheveux longs, courts, chauves, avec calvitie ou non, avec un sexe normal, petit, courbé, gros, large, fin… Un monde éclectique où ne règne aucune loi.

Mais malheureusement comme tout support, il est difficile de s’en détourner. Cela devient quasiment un must-have pour pouvoir rencontrer des gens pour du sexe et pour supprimer les conversations et la drague inutiles. On se plaint que ça ne fait que frustrer ou complexer encore plus des hommes qui sont mal dans leur peau et à l’inverse, glorifier un homme superbe, mannequin futile, qui n’a plus assez de muscles dorsaux pour supporter un tel ego et une si grosse tête. Entre les deux, se côtoient des personnes satisfaites d’un tel procédé, d’autres, blasées par une structure superficielle. Entre les deux se côtoient la réalité avec ses mélanges, ses déviances, ses déceptions et ses joies. Pourtant, on ne peut faire que le triste constat et accepter cette situation qui ronge le rapport à l’autre et sa domination. On brandit haut et fort des sur-ajouts d’expériences, de nouvelles sensations, des trips personnels. On expose à la vue de tout le monde sa pudicité, sa parcelle de corps que l’on protège fièrement. On déroute la drague, la passion et la sensualité et on met dans sa valise de voyage, la vulgarité, la salope, l’être sexuel, le contact, les odeurs, les secrétions… On fait de l’humain, un retour à la bête.

Publicité