7121 Perso | Journal d'un hom(o)me refoulé

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Journal d'un hom(o)me refoulé
Un blog Yagg
Culture | Non classé | Perso | 29.03.2016 - 15 h 38 | 0 COMMENTAIRES
Vies Quotidiennes Délurées

Dépeindre des situations quotidiennes, en les détaillant et en allant un petit peu plus loin qu’une simple description sommaire et ennuyeuse, en allant dans la vulgarité gratuite et trash d’un pareil tableau.

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Je suis assis à côté d’une chinoise obèse, les yeux rivés sur son portable en train de jouer à un RPG japonais ou chinois, des traces de farine sur les cuisses, un panier rempli de légumes et de courses diverses et variées où sortent des céleris, des carottes (et autres objets ostentatoires utiles pour la masturbation anale ou vaginale. Un répit pour ces femmes insatisfaites de leurs maris éjaculateurs précoces ou impuissants.) Passer sa vie dans un monde irréel et le retranscrire dans une réalité malhonnête et blessante. On voit bien que cette femme est malheureuse, dans sa peau, sa vie. Elle rentre chez elle avec un sac de provisions sous le bras, son portable qui ne vibre plus que pour des publicités reçues par sms, son visage dépité parcourt son salon vide. Manque cruel de décorations originales ou personnelles. Elle découvre dans un soupir un homme gros, allongé sur le canapé, les pieds poilus reposés sur une table basse Ikéa. Elle est étouffée par un mari trop présent et trop autoritaire. Elle se soumet telle une esclave au XVIIIe siècle, frustrée de voir son mari et son manque de romantisme, son excès de jalousie et son omniprésence dans sa vie triste. La sexualité, elle la découvre dans des livres ou dans des séries télé qu’elle bouffe littéralement à longueur de journée, faute de trouver un travail décent. Son mari la dégoutte mais elle ne peut pas le quitter, qui voudrait d’elle sinon ?

A côté d’elle, se trouve une jeune femme de 25-30 ans, enceinte jusqu’aux oreilles, le visage fatigué, les traits tirés et les rides marqués. Un bel avant-goût de la beauté de la grossesse. Elle attend impatiemment ce jour fatidique, le jour où, le vagin déchiré par la pression, elle expulsera ce parasite qui a mis des mois à se développer. Des mois à manger comme quatre pour nourrir un être en devenir, des mois à vomir tout le contenu de son estomac, des mois à ne plus pouvoir apprécier ce qu’elle aimait manger auparavant, des mois à aller aux toilettes toutes les trente secondes. Une horreur qui va se terminer par le plus beau jour de sa vie, quand elle regardera le visage neutre de ce bébé, les yeux plissés, non encore ouverts, encore préservés de l’innocence et la pureté de son habitation organique. Quand elle comparera son physique avec celui de son mari ou elle et trouvera à qui il ressemble le plus. Quand elle posera sur son sein la petite tête douce et encore humide de ce bébé, son bébé.

En face, un couple en train de se papouiller. Elle : talons hauts noir, collants de la même couleur, une jupe ras la salle de jeu et un manteau en fourrure imprimé léopard. Bref, une pute ! Et son mec assis près d’elle, le doigt prêt à partir dans sa chatte, elle lui caresse avec insistance la cuisse. Le spectacle sera bruyant et sportif quand ils rentreront chez eux. L’homme est moche, tristement habillé, les cheveux longs et le pantalon usé. On ne comprend pas trop l’alchimie entre eux deux. A part peut être, un point commun sexuel, une connexion retrouvée au lit : la nymphomanie ou le satyrisme. Peut-être a-t-il un GROS atout qu’il lui plaît ? Elle, on le sait, ferait bander n’importe quel homme en manque donc ça ne vient sûrement pas de lui. Il ne fait juste qu’être un homme, il choisit la plus pulpeuse qui acceptera de coucher avec lui. Par contre, à l’opposé, elle est attirée par quelque chose de matériel. Une envie qui la pousse à persévérer son illusion charnelle. Un besoin nécessaire pour assouvir ses fantasmes les plus inavouables comme par exemple, être insultée de salope ou de pute pendant qu’elle se fait prendre en levrette devant un public ébahi, leurs mains secouant leurs sexes désabusés. Une base humaine, des outils faits de membres et de pénis érigés, occupés à lui procurer un plaisir immense. Prendre les hommes pour des machines sexuelles, pour une fois que c’est l’inverse. La soumission de l’homme face à la femme quand il s’agit de bombe sexuelle ou de pin-up qui n’ont peur de rien. Elle se dit qu’elle pourrait faire la même chose que des mannequins mariées des dizaines de fois. Elle sait très bien ce qu’elle reflète, elle sait parfaitement l’effet qu’elle procure sur les hommes. Pourquoi n’en ferait-elle pas un avantage ? Comme un homme superficiel et beau, elle profite de sa notoriété physique pour attirer les faveurs et les fantasmes. Or c’est ce qu’elle veut, combler des fantasmes, remplir une liste de fantasmes non encore réalisés, prêts à être proposés et réalisés dans les plus brefs délais.

Un autre couple me regarde : je sens qu’il remarque mon attitude un petit peu moins viril que les rugbymans ou les maçons, les jambes croisées, le regard lointain, j’ai hâte de rentrer chez moi et de me coucher. Et je vois ces deux abrutis le visage étiré par l’alcool en train de m’analyser, de faire des remarques un peu hautes, de rire ensemble… Je l’avoue il y a peut-être un peu de paranoïa ajoutée mais je suis quasiment persuadé qu’il moquait mon orientation. Comme un petit groupe d’hommes perfides se frottant les mains sur la misère humaine, les poches remplies de cash débordent d’avarice et de cupidité. Un groupuscule armé de grandes dents toutes plus banches que jaunes, des monocles sur leurs longs nez disgracieux, débute une partie de poker dans une salle mal éclairée, respirant la fortune et la corruption. Ils parlent de la misère du monde et des normes sociales dictées par l’élite de la nation. Ils discutent de ce qu’il faut faire et ne pas faire, ce qu’il faut montrer et cacher par la suite. Ils vagissent sur les orientations multiples des hommes et prônent une conception ancienne et hétéro-normée d’une société en plein essor. Les pd ou les tapettes n’ont rien à faire ici, dans ce monde ! Qu’ils aillent s’enculer ailleurs et qu’ils ne polluent pas la sexualité de nos pures éphèbes et de nos gracieuses vierges. Pertinent. Surtout venant d’eux car leur sexualité se résume à deux grognements, la sueur au front, la bite dans un bourrelet sans le remarquer, les dents serrées, des crampes aux cuisses. Ils assistent inconsciemment à leur impuissance et leur manque de pratique. Eux qui critiquent les hommes, ne sont pas foutus de baiser correctement et de satisfaire leur femme qui, depuis le temps, a oubliée elle aussi ce que c’était que de se faire pénétrer.

Un autre homme vient s’asseoir sur un siège à gauche de moi. Il est gros, suant, une casquette sur la tête, un complet jogging-basket digne des grands stylistes parisiens, une bière dans la main et deux dans la poche ventrale de son manteau. Tel un kangourou qui aurait sombré dans l’alcoolisme plutôt que dans la nature, l’obésité androïde marquée, il fixe une nana un peu trop bien habillée pour ce tramway d’ivrognes et de pervers lourds. On sent dans ses yeux l’envie, l’appétit sexuel de se taper une femme comme elle. On s’attend à une légère modification de la voussure au niveau de sa braguette, une fois les images en tête. Il s’imagine peut-être la baiser violemment et la satisfaire des heures durant. Mais la réalité revient au galop et l’éjaculation se fait trop rapide. Lui, honteux et elle, frustrée se quittent dans un « au-revoir » qui en dit long sur des souffrances inopérables et refoulées qui touchent les petits comme les grands, les mieux dotés comme les plus modestes.

Perso | 28.02.2016 - 21 h 04 | 0 COMMENTAIRES
Réflexions 2

Une rupture amoureuse est un événement tragique mais révélateur d’une vie. Une fois le moment le plus difficile passé, on ouvre les yeux sur notre vie et on réfléchit sur son bonheur et sa vie antérieure. Bref, on fait le bilan de ce qui va et de ce qui ne va pas. Tout ça précipité par une rencontre opportune lors d’un plan cul, par exemple. C’est ce qui m’est arrivé.

Quelle situation tragique de se rendre compte que son amant n’est pas aussi amoureux que vous et qu’il préfère donc arrêter une relation, pourtant tellement épanouissante. L’annonce brutale d’une rupture inattendue est choquante mais se révèle au final réfléchie et juste.

Une semaine est passée depuis ma rupture et je me mets en quête d’un plan direct d’un soir sur mon site de rencontre habituel. Je rencontre un homme plus âgé que moi (c’est classique) et il me propose d’aller chez lui. Pratique, il habite à moins de 20 minutes de mon appart’. Je me mets en route. Dehors, une fine pluie tombe mais ça ne me gêne pas. Je marche tranquillement, il commence à faire nuit, la pluie a un effet agréable sur la peau, je mets ma tête en l’air et apprécie chaque goutte de pluie qui rencontre mon visage. Arrivé devant son immeuble, je sonne au numéro qu’il m’avait indiqué auparavant et je me dirige non sans un petit stress jusque devant sa porte entrouverte. Il m’accueille avec un sourire forcé et le visage inexpressif, je me dis Étrange… mais bon passons, il n’est pas très beau mais il fera amplement l’affaire, s’il sait bien s’occuper de moi. On commence à se caresser et à s’embrasser. Lors de nos embrassades, ses yeux restaient ouverts, la langue dans ma bouche, je le regarde de temps en temps, j’ai l’impression d’embrasser langoureusement un cadavre. Ça me refroidit un peu… L’homme a des atouts physiques relativement intéressants que je commence directement à m’occuper et on fait notre affaire. Il est accessoirement impuissant lorsqu’il va essayer de me pénétrer mais ce n’est pas très grave, on a tous nos petits soucis d’érection lorsqu’il faut mettre une capote. Et je me rends compte que ça arrive même aux mecs qui ont la trentaine passée et pas uniquement aux jeunots, stressés par un rencart plié à la va-vite. On ne s’arrête pas là et au final, je dirais que le moment est relativement agréable, à part que c’est bien l’homme le plus silencieux et le plus aphone que j’ai pu rencontrer jusque-là, je vais jusqu’à essayer de lui faire arracher quelques mots ou quelques gémissements. C’était bien mais pas aussi agréable qu’auparavant avec mon ex, loin de là.

En sortant de chez lui, je me remets en chemin, à pied, et je fais un petit débriefing de ma situation : cet homme sans le vouloir m’a ouvert les yeux sur la pertinence d’une juxtaposition de relations rapides et purement sexuelles. Pour tout vous dire, ça m’a blasé de voir cet homme grisonnant, fumeur compulsif et amateur de jeunes hommes passer par Internet pour rencontrer des hommes. Je me suis mis à sa place et j’ai trouvé ça d’une tristesse sans nom et je me suis dit : Tu ne seras pas comme ça à cet âge-là, fais-en le serment ! Car certes, c’est sympa de rencontrer pleins de personnes différents et facilement mais je trouve ça triste de se contenter d’une vie volage, faite de rencontres fortuites et non fusionnelles. Ainsi il faut se reposer sur des réguliers dont on connaît vraiment le fonctionnement physique et intellectuel. Mais pas des plans surajoutés, des personnes que l’on ne verra qu’une unique fois lors d’une partie de sexe sans saveur, ni goût. Car on est condamné dans une vie de bohème sans attaches entre souffrir, enchaînant les déceptions que ce soit sexuelles, physiques ou humaines tout simplement, la tristesse d’une vie instable, le non-accomplissement d’un travail de toute une vie et le bonheur, l’extase d’une vie rythmée par des personnes différentes, intéressantes, le fait de ne pas savoir ce que demain sera fait…etc. On pourrait en parler pendant des heures et continuer de n’être pas d’accord sur ces points. Je me suis juste dis Stop !

J’ai pris la résolution de ne plus (pour l’instant) rencontrer d’hommes pour des plans directs, à part si le mec a vraiment quelque chose de plaisant et qu’il y a un véritable feeling entre nous et pas juste un homme passable qui comblera juste des pulsions primitives. Je pense que ma relation m’a fait grandir sur ce point et que je deviens ainsi plus sentimental, plus réfléchi (peut-être plus posé et plus chiant mais je l’accepte…) et moins impulsif que je ne l’étais avant.. Et pour cela, je remercie mon ex de m’avoir brisé le cœur mais surtout de m’avoir fait ouvrir les yeux sur un système, certes agréable mais pas du tout extrapolable pour une vie entière, en tout cas pour ce qui est de ma vie.

Je me rends compte avec du recul (du peu que j’ai maintenant) qu’il faut avant de faire un plan avoir un package lourd de puissance mentale et physique pour vouloir clairement ce qu’on désire ce qui amène inévitablement à un plaisir égoïste si on est un peu trop idiot pour ne pas se rendre compte qu’il y a une personne en face, pour ne pas s’amouracher d’un régulier un peu trop attachant et agréable. Se contenter juste du sexe et d’une connexion et réfuter les sentiments les accompagnant. Avoir une force mentale assez puissante pour aimer cette juxtaposition sans nom d’hommes pris à la chaîne et dont on ne retient rien ou quelques miettes, éparpillées dans un cerveau trop embrumé. Je pense qu’on devient inévitablement, si on suit cette philosophie de vie, triste et seul. On a ainsi l’impression d’être entouré d’éphèbes musclés et rutilants mais au fond, on est aussi seul que le Chaperon-Rouge dans le bois sombre, un panier et le manger sous le bras puisque ces hommes ne remplissent pas la condition d’un ami ou d’un amant, juste un passe-temps ça ou là fait de relations fades.

On déroule avec sa souris, la liste sans fin de pseudonymes sans saveurs, n’aiguisant la curiosité que de certaines personnes qui aiment vivre ce genre de vie. Ce n’est pas pour moi, j’aimerais pourtant avoir à me satisfaire de peu et de pouvoir complètement déconnecter mes sentiments quand il est question de sexe ou de relations mais c’est impossible. Je crois qu’il faut au moins se contenter d’un peu d’amour et de relations un peu plus complexes pour vivre sereinement et sans soucis apparents. Or cette réflexion n’a pas sa place sur un site, rempli de stéréotypes, de superficialité et d’esprits variés qui ne demandent en aucun cas de se prendre la tête sur une personne trop complexe ou qui réfléchit beaucoup trop sur sa condition. Ce genre de personne est à fuir comme la peste, on ne vient pas se vider les couilles sur quelqu’un qui va, pendant l’acte, te demander ce que tu penses de la condition des homosexuelles en Russie. Non. On baise, on ferme sa gueule, on exprime ce que l’autre veut qu’on exprime, c’est-à-dire des gémissements sans fondements, des murmures simulés aussi faux qu’un sermon. Je n’ai pas peur de dire que je le fais parfois pour réveiller mon partenaire qui était un peu trop mollasson et pour maintenir le rythme. Apprécier les corps parfaits, les membres superbes, les fessiers courbés et bombés imberbes, sans aucunes imperfections. Bref, vivre dans un monde éloigné, loin de cette réalité où se côtoie des vieux grassouillets sympathiques, des jeunes maigres compliqués, des hommes poilus, imberbes, barbus, à lunettes, cheveux longs, courts, chauves, avec calvitie ou non, avec un sexe normal, petit, courbé, gros, large, fin… Un monde éclectique où ne règne aucune loi.

Mais malheureusement comme tout support, il est difficile de s’en détourner. Cela devient quasiment un must-have pour pouvoir rencontrer des gens pour du sexe et pour supprimer les conversations et la drague inutiles. On se plaint que ça ne fait que frustrer ou complexer encore plus des hommes qui sont mal dans leur peau et à l’inverse, glorifier un homme superbe, mannequin futile, qui n’a plus assez de muscles dorsaux pour supporter un tel ego et une si grosse tête. Entre les deux, se côtoient des personnes satisfaites d’un tel procédé, d’autres, blasées par une structure superficielle. Entre les deux se côtoient la réalité avec ses mélanges, ses déviances, ses déceptions et ses joies. Pourtant, on ne peut faire que le triste constat et accepter cette situation qui ronge le rapport à l’autre et sa domination. On brandit haut et fort des sur-ajouts d’expériences, de nouvelles sensations, des trips personnels. On expose à la vue de tout le monde sa pudicité, sa parcelle de corps que l’on protège fièrement. On déroute la drague, la passion et la sensualité et on met dans sa valise de voyage, la vulgarité, la salope, l’être sexuel, le contact, les odeurs, les secrétions… On fait de l’humain, un retour à la bête.

Perso | 18.02.2016 - 13 h 00 | 0 COMMENTAIRES
Journal Partie 5 : Découvertes

C’est arrivé un après-midi classique, où je me perds sur Internet et je discute avec un mec tout juste trentenaire, cheveux dégarnis avec calvitie bien avancée, homme longiligne, sec avec un visage agréable et sympathique au premier abord. Je me décide à aller chez lui en fin d’après-midi, il habite à une quinzaine de minutes de chez moi, ne nous pressons pas. On se met d’accord pour un « plan soft » sans pénétration, tant mieux, c’est ce que je préfère. A bas la priorité à la pénétration, vive les préliminaires ! Les préliminaires, c’est le best pour nouer une relation de confiance et d’osmose. Et j’ai besoin de cette connexion pour baiser correctement et ainsi bien prendre mon pied. Si c’est réalisé dans la précipitation, l’érection n’est pas correcte, on s’énerve sur la capote qui ne veut absolument pas s’enfiler, du coup on perd le peu d’érection qu’on avait réussie à accumuler. Bref, le désastre d’un plan direct. Alors que si c’est fait dans la lenteur avec des caresses, des baisers par-ci par-là et des préliminaires correctes et profonds, c’est l’apothéose et là, c’est un barreau d’enfer que tu as entre les jambes ! Enfin, je parle pour moi… Mais c’est une condition, expliquée dans mon tome mental de L’amour pour les nuls.

Ce grand chauve sympathique, branché socialement et absolument pas prise de tête m’a fait découvrir le début d’un tantrisme qui m’accompagne depuis aujourd’hui. J’ai découvert le plaisir procuré par une relation sexuelle longue et sensuelle, douce et charnelle, à ne pas se focaliser sur une éjaculation. Ne pas résumer le plaisir masculin à une éjaculation qui est certes plaisante mais pas obligatoire sur tous les bords et à toutes les sauces. On peut prendre son pied sans éjaculer et SURTOUT ne pas être sur sa fin, une fois l’échange terminé. Car s’il y a bien un sentiment qui hante de nombreuses personnes non comblées sexuellement, c’est bien la frustration. La frustration de ne pas avoir joui correctement, de ne pas avoir été jusqu’au bout. Résumer une relation sexuelle à l’orgasme en tant que tel et d’en définir des limites strictes. Or il y a des chemins ardus, jusque la inexplorés. Des sentiers battus qui n’intéressent personne mais qui sont une source de plaisir exceptionnelle. Le tantrisme nécessite une connexion assez forte avec la personne opposée car sinon on tente l’expérience superficiellement et on arrive à rien. Il faut accepter les mêmes conditions et ne pas hésiter à évoquer tout ce que l’on a en tête lors de l’acte. Ne pas sacraliser un acte sexuel, de le rendre trop parfait et ensuite décevant au final. Le réduire à une forme prédéfinie, conservée, sérieuse et ordonnée, c’est perdre son temps et se faire chier du début jusqu’à la fin. Ainsi on peut rester 3-4 heures au lit voire plus, en explorant toutes les parcelles du corps de son partenaire, de découvrir des sensations, de s’attarder sur des zones inutiles et sans intérêts au premier abord, de discuter du plaisir que cela procure, de constamment faire un retour sur les sensations éprouvées. Je trouve qu’en faisant cette démarche, on peut casser des frustrations chroniques de couples, même rien qu’en parlant de ce qui nous fait monter aux rideaux. On peut rendre concret et plaisant un acte sexuel autrefois rapide et bâclé, juste réalisé pour satisfaire des besoins primitifs et sauvages.

On parle du tantrisme hétéro mais qui a dit que le tantrisme homo n’existait pas ?

Bref, revenons à mon petit mouton sans laine. J’arrive chez lui vers 18 heures. Il m’accueille avec un grand sourire, me propose un verre et on commence à discuter de tout et de rien, un peu gênés par ce qui va arriver. Nos verres terminés, on s’embrasse et on commence notre affaire. Je suis hypnotisé par son attention particulière envers moi, on se met dans le lit doucement. Ma tête ressort pour regarder l’heure : 22 heures ! J’ai été comme déconnecté du temps et de l’espace pendant 4 heures. Et c’est là que ça a fait TING! dans mon crâne et que je me suis dit c’est ça qu’il te faut tous les jours, du sexe comme ça… Évidemment, au bout de quatre heures, même avec la meilleure volonté du monde, nos sexes ne répondent plus et impossible pour nous de jouir. Mais l’attention de ma réflexion est autre part : Il faut que je me le garde, cet homme a ce qu’il me faut ! Et ainsi, on s’est revu plusieurs fois après cette première rencontre. J’allais le voir quand les autres plans, cette fois-ci, me frustraient. Il était comme un catalyseur de sensations et d’extase.

Comme une machine humaine, donnant des leçons à un petit être illettré comme moi.

Perso | 01.02.2016 - 12 h 45 | 0 COMMENTAIRES
Journal Partie 4 : Rencontres

Je continue de vous parler de mes rencontres virtuelles, concrétisées par la suite dans la réalité car elles valent la peine d’être résumées et détaillées.

On tombe sur toutes sortes de personnes sur les sites de rencontre : des anciens prostitués, des hommes mariés en manque de sensation, des hétéros curieux de savoir ce qu’il se passe de l’autre côté, des pervers (comme partout), des jeunes mecs intéressants, d’autres beaucoup moins, des mythomanes prenant leur pied, des travestis, des transsexuelles, les hommes au physique superbe mais à la conversation aussi riche qu’une chanson de Chantal Goya. Je me connecte avec un pseudo des plus simples, tout en précisant mon orientation et je me laisse aller par les conversations… Je découvre des vies chaotiques, des situations cocasses comme : parler avec un mec, se déshabiller, commencer un petit plan webcam et voir son copain passer derrière lui sans broncher. Troublant au premier abord. Des jeunes hommes me proposant des week-ends entier pour baiser non stop. Je m’improvise parfois psychologue de comptoir, un Atlas de moral pour des situations complexes et déroutantes. Un site de rencontres peut aller au-delà de la superficialité d’un tel réseau, on peut se perdre dans la profondeur des utilisateurs, dans la variété, l’attraction d’un tel sentiment de liberté et de découverte. Je réponds à chaque fois que l’on m’envoie un message. Je ne fais aucune exception.

Je suis addictif à ce mode de découverte, au lieu de rencontrer des gens par hasard dans la rue ou via des amis en communs, j’en découvre des tout aussi intéressants dans les méandres d’un complexe binaire composé de gigaoctets, de lignes de code et de smileys. Je passe quelque fois pour le bon pote qui est juste là pour discuter et passer le temps. Je passe quelque fois pour le mec en manque car il faut aussi pouvoir se satisfaire pleinement dans ce monde de culs et de sexes omniprésents. Je réconcilie des hommes avec un manque cruel de confiance en soi car ils ont l’impression de ne pas avoir la bonne quantité de centimètres entre les jambes pour satisfaire un homme en chien. Ils sont moqués, facilement comparés aux photos volées d’étalons photoshopés. Comme dans mon travail, il faut prendre son temps pour parler avec la personne et là, on découvre des événements dont on n’aurait pas imaginé une seule seconde et qui nous font réfléchir sur le petit bout d’être humain qui est en face de nous. On revoit son jugement de première impression et on construit une nouvelle représentation mentale de cet individu.

Par moments, ma libido prend le pas sur mon intérêt personnel pour la vie et la diversité humaine, je fonce directement et je satisfais un besoin primitif. Mais je passe quand même le plus clair de mon temps à discuter musique, ciné avec des inconnus. C’est aussi une façon de s’ouvrir culturellement. Nombre de fois, j’ai découvert des artistes et des films grâce à mes petits anonymes, je ne pourrais jamais les remercier en retour. C’est la dure loi de l’anonymat et de l’Internet, une fois l’affaire finie, on se quitte sans jamais se revoir. C’est parfois voulu, d’autres fois, non.

J’adore partager des genres musicaux, des artistes méconnus, discuter de films communs que je n’ai pas vu mais que j’aimerais voir comme dernièrement, j’ai parlé avec un inconnu du film trans « Tangerine », le retour était très bon, il me tarde d’aller le voir…

Et puis dès fois, je tombe sur des personnes sympa, chaleureuses qui me poussent à aller plus loin, pour faire plus amples connaissances sous la couette…

Perso | 26.01.2016 - 16 h 48 | 0 COMMENTAIRES
Journal Partie 3 : Le Commencement

 

Il y a un an…

Je me connecte depuis quelques temps encore sur un site de rencontres. Je commence à m’y plaire et j’apprécie en général l’authenticité des personnes qui le visitent. Je dis bien en général car c’est aussi varié et étrange qu’un Burning Man. Je parcours le site en spammant des photos de mon sexe à tout-va puisque pour aller à l’essentiel et rapidement, on ne réfléchit pas au fait que le mec derrière son ordinateur comme toi aime peut-être les animaux, la nature, la lecture, le cinéma… ça, je le découvrirais plus tard si on se revoit. Pour l’instant, on parle, on baise et on voit après. C’est le deal ! En général, une fois la photo linkée sur le salon de discussion, j’attends que des passifs en chien m’assaillent de messages tout aussi graveleux et vulgaire qu’excitant. J’aime à me dire que je suis une source de désir convoitée (jeune minet) et comme un seigneur, je choisis mes sujets avec professionnalisme et discernement. Je mets toujours un filtre d’âge car je me limite à 35 ans. Je me dis que l’écart n’est pas si grand que ça et que l’âge ne veut pas forcément dire grand chose. Je me base plus sur la personne que sur son âge et sa vie. Je me dis aussi qu’un jeune comme moi de 21 ans peut avoir autant de conversations qu’un mec de 40 ans passés. Et puis, c’est pas le soucis, j’ai de la conversation.

Je tombe sur des hommes certes très sympa mais qui ne me disent rien, me lassent rapidement. Je me suis aussi établi une règle absolue (au début) : « si tu as un doute, ne serait-ce qu’un infime doute sur la personne, abstiens-toi. Reste chez toi, branle toi et ne rencontre personne ! » Suivant mon petit ange dictant LA règle, je discute avec de nombreuses personnes. Allant même jusqu’à prendre quelques numéros mais sans donner le mien. Ainsi, je garde une liste avec les caractéristiques des mecs, un petit résumé physique et leur numéro dans un dossier texte sur mon bureau d’ordinateur. Un peu comme une collection, une liste inachevée de plans passables, juste pour du sexe pur.

Pendant une après-midi un peu pesante et avec une libido au plafond, je rencontre un homme brun, passif, la trentaine, pas magnifique mais avec un superbe corps. On parle vite fait de ce que je voudrais faire, s’il reçoit chez lui, ce qu’il aime faire, on évoque ma situation un peu complexe de puceau perdu sexuellement. On se matte physiquement en webcam. Il accepte sans rechigner et me donne rendez-vous dans sa rue dans une trentaine de minutes, ce qui me laisse largement le temps de me préparer, de me doucher un coup et de m’habiller normalement. Une fois l’heure établie, je suis bombardé de questions As-tu fais le bon choix ? As-tu un doute même minime ? Finalement, je conclus que je n’ai aucun doute et qu’il faut que j’aille de l’avant car j’en avais extrêmement envie. Je vais dans la douche, boosté à l’adrénaline. Je me déshabille tranquillement mais je me rends compte d’une érection constante et je me dis Merde, je suis beaucoup trop excité, tu vas être précoce, tu vas pas pouvoir être efficace et vouloir faire ce que tu veux. Tu vas être limité par une éjaculation trop rapide… Et ni une ni deux, je me branle dans la douche pour baisser ce surplus d’excitation, néfaste pour un premier plan. Une fois la douche prise, je sors tout beau, tout propre de chez moi et me dirige vers son appartement. En chemin, je me questionne de la réalité de ce que je suis en train de vivre, je me sens proche d’une libération, de l’explosion d’une bombe restée trop longtemps en terre. Je me dis aussi qu’il n’est peut être pas ce qu’il dit être, ni si c’était vraiment lui sur la webcam… Je me mets à psychoter comme un fou, tout en validant le code d’entrée de l’immeuble. En montant les escaliers, mon cœur palpite à mort ! Je le sens bondir hors de mon thorax, je stresse. Mes mains deviennent moites. Plus mes pas se rapprochent de sa porte, plus mon cerveau me dit de faire demi-tour car tout ceci est insoutenable. Mais n’écoutant que ma bite, je continue de marcher. Je cogne à la porte, elle est discrètement ouverte. Je pousse doucement la porte et j’arrive dans un grand salon.

La décoration est sobre, grise et blanche. Quasiment aucune poussière. Des tableaux de ville en noir et blanc de chez Ikea tapissent les murs. Le tout fait moderne mais sans aucune originalité. Tout est propre et droit, même la personne assise sur le canapé, positionné juste en face de la porte, sourire aux lèvres, tout juste rasé, bite raide en main et regardant tranquillement un porno gay. On aurait dit que j’étais un fantôme parcourant les chambres d’un hôtel Formule 1 et tombant par inadvertance sur un homme en pleine masturbation compulsive. Mon entrée ne le dérange en aucun cas. Moi, gêné par la situation, j’étouffe discrètement un Salut. Il me répond et comme mécaniquement, sans avoir oublié la raison de ma venue, je me déshabille entièrement sans perdre un seul instant. Troublé par la situation et le stress d’une telle rencontre, je ne suis pas au maximum de ma forme (si vous voyez ce que je veux dire…) mais la vue de corps imberbe rien que pour moi me permet de l’être très très rapidement.

Il entame une fellation des plus magnifiques, qui me marque encore aujourd’hui. Car maintenant, après de nombreux plans, j’ai le recul nécessaire pour dire que ce mec-là savait s’y prendre ! On en restera là, une fellation et pas plus. Unilatérale. Une fois fini, les mots se délient un peu mais restent encore coincés. On parle un peu de son métier dans la finance, de mes études, si j’avais aimé ma première pipe faite par un mec, bref, on a discuté pendant une petite dizaine de minutes. Quand les blancs apparaissent, les petits regards gênés se dévoilent, je décide de me rhabiller et de partir. Il me quitte en me disant Quand tu veux ! Je prends cette forme d’au-revoir pour un compliment ce qui montre que lui aussi a apprécié.

Arrivé en bas de chez lui, je n’arrive pas à m’en remettre. Je me dis ça y est ! C’est fini ! Tu as expérimenté ! Tu as aimé ! Tu n’as pas de regrets ! Continue ainsi… Je regarde le ciel bleu azur au-dessus de moi, j’apprécie la chaleur de l’été sur ma peau. Je découvre un nouveau monde, l’ancien était voilé par de la tristesse enfouie et de la frustration. Je me pose dans un parc et je lis, je lis beaucoup. Je regarde les animaux vivre et les gens marcher. Je ferme les yeux et j’entends les enfants crier. Je suis étonné d’un tel sentiment. Intérieurement, je me dis : tu as passé un cap, il te faudra le repasser prochainement mais cette fois-ci avec plus d’aisance et moins de stress.

C’est ce que j’ai fait mais ça… ce sera pour plus tard…

 

Perso | 22.01.2016 - 16 h 56 | 4 COMMENTAIRES
Réflexions

En écoutant Operator de Jim Croce, j’écris ces quelques lignes.

Quelques phrases pour exprimer un profond sentiment de vulnérabilité que peuvent ressentir des LGBT en couple. Je suis allé voir dernièrement un film au cinéma avec mon copain et un couple hétéro derrière nous faisait des remarques particulièrement homophobes… Pendant le passage de la bande-annonce du film Carol, au moment où les deux protagonistes s’embrassent passionnément, le mec dit discrètement, assez pour que je l’entende : « Bahhhh » avec une expression de dégoût. Sa copine, apeurée par la relative discrétion de son compagnon chuchote : « Arrête ! Ils pourraient nous entendre ! » Sur le coup, ça m’a fait rire mais avec du recul, je me dis qu’elle pensait sûrement la même chose mais elle ne le dit pas à voix haute comme son abruti de copain. 

Bref, tout ça pour dire à quel point un couple LGBT est montré du doigt dans la rue, éclairé violemment par des regards bourrés de clichés et d’idées pré-conçues. Une exposition non voulue qui force à se cacher, qui fait douter de notre orientation, qui nous pousse à aller de plus en plus loin dans une réflexion perdue d’avance, qui nous fait réfléchir sur un triste constat, fortement établi et indétrônable depuis des siècles. Car disons-le clairement, on ne choisit pas une vie plus simple et plus tranquille en étant LGBT dans cette société. Si on veut vivre une vie tranquille, il faut devenir hétéro, tout beau, tout propre, avec des gosses, une femme ou un homme aimant(e), un gentil monospace et une maison payés par crédits, un chien ou un chat qu’on appellera Cacahuète ou Neige selon la couleur de son pelage. Non. Pas du tout. Tout ça n’est pas aussi beau de l’autre côté. On choisit une vie forte où il faut s’affirmer et ne pas baisser les bras une seule seconde. Il ne faut absolument pas perdre pied car, une fois ce cap passé, on perd toute crédibilité et on est maintenant plus que ce PD tout faiblard, incapable de dire qui il est, ni ce qu’il fait. Le fait d’être homo est un poids (au début en tout cas) mais aussi et surtout une force qu’on ne peut pas avoir quand on est hétéro. Quand on est hétéro, la société l’accepte implicitement car elle est fondée sur des bases sexuelles et relationnelles longuement et durement ancrées au fil des années de dur labeur intellectuel. Être homo, c’est déjà faire son coming-out et pour cela, il faut dire aux gens proches sa véritable identité, comme si, on avait quelque chose à se reprocher. Or on est comme on est et on a pas à se rabaisser à un coming-out pourri, bafoué par des êtres trop stupides pour être ouvert d’esprit. Être PD ou une tapette ou encore une insulte de votre choix : ……………… (je parle pour ma situation, désolé pour les autres LBT), c’est accepter ce que les autres acceptent de vous. On vous accorde une grâce quasi-symbolique en acceptant votre différence ou non. On peut soit vous dire d’aller bien vous faire foutre dans ce milieu de sauvage et de sodomite et ainsi ne plus voir la personne tant chérie ou bien vous dire tranquillement que ce n’est pas grave (comme si c’était un critère de gravité) et que la vie va continuer !

Grave dilemme moral ! Quels chemins ardus avons-nous encore à parcourir ? Pourquoi doit-on prendre son courage à deux mains et annoncer tristement son état à sa famille ou ses proches ? Qui a annoncé le concept même de « coming-out » ? C’est à la fois quelque chose de percutant dans son annonce aux autres et à soi-même mais c’est aussi à double tranchant et aussi inutile que des pinces-à-linge phophorescentes car on révèle ce qu’on a toujours été avant cette annonce donc rien de nouveau au final.

 

Vous ne serez pas forcément d’accord avec moi… malheureusement mais je parle de mon peu d’expérience personnelle et je n’ai pas encore suffisamment la sagesse et le recul d’une vie de réactionnaire et de gay affirmé.

Perso | 12.12.2015 - 17 h 58 | 2 COMMENTAIRES
Rapide résumé 2/2

J’arrive à ma deuxième année et je me rends compte que mon célibat devient de plus en plus pesant. Je me branle plusieurs fois par jour et de plus en plus sur du porno gay, découvert par curiosité au lycée. Je me suis rendu compte que je me branle plus du tout sur du porno hétéro. Je me fais peur en me disant que je suis en train de virer de bord. Mais je me dis que c’est carrément plus excitant de mater un mec se faire enculer qu’une femme se faire défoncer. Évidemment, je garde toutes ces réflexions pour moi-même, de peur qu’un soulèvement social se crée. Je passe mes matinées sur des sites de rencontre plutôt axé sur les rencontres homme-homme. La première connexion a été compliquée mentalement, tiraillé entre une connerie infantile et une curiosité maladive, un pan inconnue de ma vie. La première personne à me parler fait du rentre-dedans et je me rends compte qu’on se prend pas du tout la tête pour se faire plaisir entre mecs. On passe pas par quatre chemins pour demander la taille d’une bite, les mensurations, les trips et les fantasmes. Combien de fois je me suis défilé devant la facilité de trouver un plan cul, apeuré, obligé de quitter violemment le site, en sueur. Tout ça était à ma portée depuis le début. Moi, accablé par un célibat trop lourd à soulever, je découvre une communauté facile d’accès et de rencontres aussi brutales que soft, aussi dérangeantes que classiques. La première webcam où je montre ma bite, la première fois où je montre mon visage, …etc. Tous ces rites d’initiation passés dans le stress avec, au début, un petit sentiment de culpabilité puis détruit devant l’excitation et le désir. J’ai mis pas mal de temps avant de trouver une personne pas trop louche, ni trop bizarre pour faire le grand saut. Je suis tombé sur un homme passif la trentaine (j’en ai vingt) super sympa qui comprend totalement ma situation. On se donne rendez-vous chez lui à 15h. Je me dis que je vais être précoce pour une première fois donc je me branle avant pour ne pas jouir trop vite (choix discutable…). Le rendez-vous est pris, je pars de chez moi.

Je rentre son code d’entrée, je monte les escaliers, super stressé, des palpitations, les mains moites. J’arrive devant sa porte entrouverte, je la pousse délicatement et j’arrive dans son salon. Il ressemble bien à la photo qu’il m’a envoyé. Bon point. Pas de surprise donc. Il est complètement nu, déjà bien chaud, en train de se branler devant un film de cul. Je pose mes affaires, je commence déjà à me déshabiller puis une fois, nu, il commence à me sucer… On n’ira pas plus loin qu’une bonne fellation pour un premier rendez-vous, on fera plus ample connaissance plus tard, au fur et à mesure de nos rencontres. Il me fera découvrir, tel un mentor, la base du sexe. Avec du recul, je me dis que j’ai eu de la chance de tomber sur ce mec doux, attentionné, compréhensif et super sexy. J’aurais pu tomber sur un vieux pervers bizarre qui m’aurait fait je ne sais quoi… Enfin, le cap est passé et je ne ressens aucun regret ni refoulement d’avoir fait ma première fois avec un homme. Mon rêve de gosse est brisé mais je m’en fous, je me dis que j’étais à l’époque un bisounours de penser qu’une chose aussi idyllique puisse arriver. Aujourd’hui, ce n’est plus un rêve inaccessible et qu’une vision plus large se dessinait devant moi. Il pouvait se transformer aisément en une famille unie avec un homme magnifique tout souriant dans un monospace. C’est tout aussi utopique qu’une version hétérosexuelle, toute proprette.

En découvrant en profondeur les réseaux gay de rencontre rapide, je dois dire que les mecs sont des sacrés hypocrites. Entre les hommes mariés qui ne s’assument pas comme bisexuels, des hétérosexuels qui couchent plus souvent avec des mecs qu’avec des filles et qui se voilent la face… Navrant pour certains car ils sont comme bloqués dans une situation qui leur échappe. Ils sentent bien que leur préférence va aux hommes et se mentent pour se donner bonne conscience. En effet, qui voudrait aimer une personne du même genre ? On est persécuté. On a beau s’affirmer ouvertement, on est obligé de se cacher pour pas troubler la foule. Un baiser homo est interdit au moins de 18 ans. Un acte sexuel n’en parlons pas… Donc pour se protéger socialement d’une telle discrimination, ils se cachent en société derrière un masque fait de virilité, de fierté, d’honneur, de machisme et d’homophobie alors qu’au lit, ce sont les premiers à écarter les cuisses et à être le plus soumis ?! Soi dit-en passant, certains gays apprécient ce genre de personnes un peu perdus dans leur identité et c’est vrai : qui n’a pas rêvé un jour de détourner un hétéro ? Revenons au dating : j’apprécie la rapidité avec laquelle on peut baiser un gars qui se trouve à une dizaine de minutes de chez soi. Ce qui fait que petit à petit, je deviens accroc à cette simplicité, je couche avec pas moins de 10 mecs en deux mois (en se protégeant à chaque fois, je vous rassure). Je rattrape bien mon retard avec des plans fluctuants, très sympas ou très nuls pour certains. Normal, on peut pas tomber sur un étalon ou une bête de sexe à chaque fois. Et puis, j’ai appris à aimer un homme, avoir des sentiments pour une personne du même sexe. Au début, après mon premier plan cul, je me voyais sexuellement avec un mec mais pas sentimentalement, le temps m’a prouvé le contraire. Mais à l’époque, je me mentais toujours un peu. Je me disais que c’était une période qui allait passer comme une autre. Une envie du moment qui va se dérouler tranquillement et je repasserais ensuite aux femmes. Menteur. Cruel menteur. La période s’est rallongée grandement et j’ai rencontré finalement un homme qui me correspond. J’ai annoncé petit à petit à mes amis mon homosexualité avec des hauts et des bas.

Bref, je suis passé d’un homo refoulé à un homo assumé.

Perso | 12.12.2015 - 14 h 03 | 0 COMMENTAIRES
Rapide résumé 1/2

Tout a commencé au collège, où, pour se fondre dans la masse des petits collégiens et montrer son appartenance à la classe dominante, j’étais homophobe. Une homophobie aussi hypocrite que futile. On se force socialement à l’être, de peur d’être jugé, exclu. Or le social au collège est super important, il conditionne même le train de vie quotidien de ces quelques années. On est homophobe dans sa manière de rejeter tous contacts inter-genre, de s’amuser à jouer le pd pour rire, se rabattre sur des clichés séniles de fofolles ou de travelos, mimer une sodomie entre deux hommes ou encore débattre sur la création d’un livre : « la sexualité pour les nuls ». On devient ainsi homophobe pour se protéger mentalement d’un tel comportement contre-nature. Une sorte de mécanisme de défense, un bouclier mental efficace pour des humains de 14 ans. A cette époque, je n’évoque pas du tout même mentalement d’être avec un homme ou encore de coucher avec car à cet âge-là, on imagine uniquement le sexe et pas l’amour entre deux êtres. On est conditionné depuis le primaire d’un idéal masculin idyllique, composé d’une magnifique famille transportée en monospace, d’une femme souriante, les cheveux dans le vent, d’un métier confortable financièrement et intellectuellement. Évidemment, c’est de la merde, de la poudre aux yeux ! Un rêve débile et façonné par des codes sociaux si puissants, si actifs dès la jeune enfance qu’ils provoquent une réelle rébellion pour des gens inclassables.

Étant relativement timide à cet âge-là, je ne trouve pas de copines (je compte pas les petites amourettes de primaire et de sixième où la relation se résume à des lettres d’amour discrètement données dans le couloir). Je regarde d’un œil envieux les amourettes, les couples canards qui s’embrassent dans la cour. Je découvre d’un œil externe comme une caméra perverse une relation entre un homme et une femme. Les années passent et ma vie n’avance pas, elle bute, elle ralentit alors que celle des autres autour de moi fonce à vive allure. Je me rends compte de plus en plus que je suis un spectateur de ma vie, une sorte de pantin articulé qui aide les autres mais qui ne s’aide pas lui-même. Je suis le copain sympa qui est toujours là pour les amis, la famille mais qui, derrière son visage souriant, est tout aussi détruit intérieurement qu’un clown triste. Cette période sombre a été mes années lycée. Un long laps de temps, en transition, entre la petite enfance et l’entrée dans le monde adulte, mur et grandi. Je vois mes potes proches sortir avec des filles, coucher pour certains d’entre eux. C’est « normalement » le moment pour découvrir ce genre de choses. Là encore le « normalement » est à prendre avec des pincettes car on se réfère à une moyenne. Si on se base là-dessus, tout le monde doit avoir au moins fait sa première fois à 17 ans, sa première sodomie à 20, sa première fellation à 16, son premier gosse à 25 voire même avant…etc. Bref, faire comme tout le monde ! Ce qui est accablant, c’est d’être poursuit socialement, montré du doigt car on est aussi vierge qu’une bonne sœur. Comme si, on pointait du doigt un homme timide et faible et qu’on montrait à la populace un être incapable de plaire.

Ainsi les années se déroulent comme un long ruban et me voilà en études supérieures aussi pur qu’un diamant. Pendant la visite médicale obligatoire avec l’infirmière, on vient à parler de ce soucis (je n’ai aucun soucis à parler de ça à une inconnue) et elle me rassure en me disant que je suis loin d’être le seul à ne pas l’avoir fait, d’essayer de trouver la bonne personne et de ne pas trop réfléchir ou angoisser vis-à-vis de ma situation car après tout, c’est ma volonté de le faire ou non et il ne faut en aucun cas, le faire sur un coup de tête, juste pour être débarrassé. Je sors du bâtiment, pris entre deux feux : entre le fait de le faire coûte que coûte avec n’importe qui (une partie innocente de moi-même qui veut me préserver) et d’attendre patiemment la bonne personne afin de garder pour plus tard un magnifique souvenir de ma première fois (quel con…). Je mets ça dans un coin de ma tête et je laisse filer mon année tranquillement.. Je suis dans des études réputées pour faire de bonnes grosses soirées donc devant des couples en train de baiser dans des buissons, des couples s’embrasser goulûment en public, les hormones en feu, je désespère. Je me dis que je loupe vraiment quelque chose, je passe à côté de ma jeunesse. Et je ne pense pas être le seul malheureusement car c’est cruel pour des personnes un peu trop timides, un peu trop réservées. On reste dans la décrépitude, une gentille merde, sans que personne les aide afin de remonter la pente ardue. Le problème repose sur un manque de confiance : pendant ma première année, pris dans les cours, j’ai tenté une mini relation qui est restée malheureusement platonique mais elle s’est embourbée devant la quantité infernale et mutuelle de travail. Mes études passant en premier plan, j’ai dû laisser tomber. Ensuite, je suis resté persuadé de mon manque de confiance en moi et de mon manque de séduction. Impossible de me dire que je peux plaire à quelqu’un. Grossière erreur.

Culture | Non classé | Perso | 12.12.2015 - 13 h 41 | 0 COMMENTAIRES
Bonjour à tous et à toutes !

Hello cher(e)s lecteurs(trices) LGBT ou non !

Une envie d’écrire ma situation me troublait depuis quelques temps et j’ai finalement décidé de me lancer. Ceci n’a pas vocation à être réac’, ni montrer un quelconque exemple, c’est une partie de ma vie, mes réflexions, une vision de ma vie et c’est tout ! Ceci peut servir à des novices qui sont un peu perdus dans leur identité, à ne pas désespérer et à avoir au moins une petite histoire à lire 😉 

Je vous fais part d’une partie de ma vie, des choses qui m’intéressent en général, je mettrais des critiques de film, de livre et peut être d’autres choses encore !

Bonne lecture !

P.S. = N’hésitez pas à me donner des conseils et des retours sur mes articles 😉

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