7121 Vies Quotidiennes Délurées 3 | Journal d'un hom(o)me refoulé

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Non classé | Perso | 01.09.2016 - 10 h 32 | 0 COMMENTAIRES
Vies Quotidiennes Délurées 3

19:00 Un pas dans ma chambre, un autre dans mon âme

Quel blasement que d’être entouré d’êtres stupides ! Une sonnerie retentit du couloir jusqu’à mon oreille valide. J’entends des rires forcés, des phrases malheureuses, dépourvues d’intérêt et de conjugaison.

19:47 SNCF quand tu nous tiens…

Dans une gare d’une ville de province, je suis assis dans un coin de la gare à scruter des yeux tous les gens qui passent devant moi. Je vois des jeunes filles assises sur leurs valises comme exténuées d’une journée de collège trop harassante. J’entends le grincement d’une porte mal huilée, un rouage vieux d’une dizaine d’années qui hurle sa douleur aux oreilles des personnes pressées par le temps, arrivant à trop tard. Les taxis avares attendent comme des chiens des humains avides de luxure, aimant montrer leur dépense aux yeux de tous. Les vieux qui traînent des pattes dans des nu-pieds achetés dans des supermarchés. Les poussettes chargées de vivre, de hochets, de lingettes qui sentent le jasmin ou l’eucalyptus, les parents fatigués de pousser ce chariot si lourd et l’enfant heureux, innocent, terriblement bien assis dans son siège confort. Les notes de piano, enchanteresses, embaument de leur magie musicale un hall de gare si blanc et si froid. Les wagons céréales vrombissent, font trembler le sol, faisant résonner dans les têtes déjà explosées par la journée de travail et finissent d’achever les hommes déjà migraineux. Les alcoolos de comptoir se trimbalent bouteille de bière entamée dans les mains, leur visage rougie par l’alcool qui les ronge depuis des années, une pathologie chronique dégueulasse qui tue à petit feu, en faisant des dégâts partout où elle passe, dans la bouche, la gorge, l’œsophage, l’estomac, le foie, le pancréas et j’en passe. L’hymne à la joie résonne, répétitif quasi mystique, quasi inarrachable. On a envie de hurler dans ce hall la haine, la colère d’un quotidien ruiné par les retards de la SNCF. On entend les bobos gueuler de leur voix snob. Les conversations inutiles des repas composés de poulets ou autres volailles exultent un quotidien navrant et d’une débilité banale. Le bébé qui dégueule tout son lait sur la chemise propre de son père hipster et riche, les hommes en costume traversent une rame bondée, exhibant leur barbe taillée au poil de cul, leurs boutons de manchettes aussi chères que leurs chaussures, leur attaché-case flambant neuf contenant un godemiché ou un fouet car comme on le sait, ce n’est pas des documents secrets ou parlant de l’entreprise qui composent une valise de travail. NON. Un objet de sexe et de débauche souvent à la place, cachés sous des faux dossiers en papier. Ne nous prenez pas pour des cons!

5:31 Rame de métro quelconque

J’adore prendre le dernier tram ou le premier tram de la journée comme dans Théo et Hugo dans le même bateau, ça a un côté vraiment découverte, genre aventurier qui avance dans une jungle touffue et dense, un peu comme si on faisait un cuni à une femme en jachère un peu repoussée par l’hygiène. C’est ce côté terre inconnue et découverte totale qui me plaît beaucoup car les premiers transports, ça reflète vraiment la vie de la ville : on voit des hommes d’affaire avec encore la marque de l’oreiller sur le front, la femme de ménage épuisée par sa nuit de boulot, les jeunes qui sortent de boite encore bien bourrés et qui rentrent chez eux, le bras sur la conquête du soir et l’autre main dans la culotte. On sait très bien ce qu’ils vont faire en arrivant, un petit vomi, l’autre étalé sur le lit en train de comater tranquillement, les bites se rangent et rien ne se passe au final. Les premiers trams, c’est aussi l’expression et l’attitude des gens : ceux qui sont malades et qui cachent sans effort une envie pressante et qui peut partir d’une seconde à l’autre, les gays qui osent s’affirmer dans une rame de métro vide, soit en se tenant la main ou en s’enlaçant comme deux vieux potes en pleine bromance. C’est ça aussi qui me plaît, assis sur un banc le long de la rame de métro, j’observe ces 2 mecs qui se collent l’un contre l’autre, l’un brun barbu musclé, l’autre plutôt blond et mince, ils se caressent le visage, se regardent les yeux dans les yeux, on sent une tension sexuelle plus que palpable, les paquets se découvrent et gonflent à vue d’œil, on sent aussi une réelle complicité et ça me fait chialer de voir ces 2 mecs se foutre totalement du regard des autres (faut dire qu’il y a pas grand monde à 5h du matin…), à se tâter entre eux sans vergogne. Moi, triste et seul sur mon banc, je me lève pour prendre le métro et le couple disparaît de ma vue en montant. Prendre un tramway ou un métro tôt ou tard, c’est voir les clochards qui dorment dans la rame ou sur les sièges, des sacs plastiques enroulés autour des chevilles et des poignets, étalés de toute leur longueur en prenant 4 sièges à eux tout seul, c’est sentir leur haleine remplie d’alcool et de fumette, c’est sentir la pauvreté et le triste sort d’un individu confronté à lui-même. Des pédés, des clochards, des pauvres, des super riches, des jeunes, des vieux, il y a tout ce qu’on veut à ces heures-là et j’apprécie grandement la diversité de ces lieux, je mets de côté ma fatigue du moment pour pouvoir regarder de mes jeunes yeux la population d’une ville qui ne s’arrête jamais.

17:23 Dans un parc en pleine promenade estivale

Je cours pour m’activer, je me bouge le cul pour perdre ces kilos en trop qui font que mon ventre ressort et forme un dôme difficile à cacher, je cours pour suer de grosses gouttes, histoire d’être bien puant et puis aussi pour croiser de beaux hommes musclés qui eux aussi courent, cheveux au vent, paquet en apparence, bref, une vue parfaite à ne pas louper. Il m’arrive d’en croiser des vraiment pas mal mais aussi et c’est ça qui me désespère, des fofolles. Depuis que je me suis affirmé, j’ai toujours eu du mal à côtoyer ou à apprécier les folles, vous voyez les clichés en superlatif des gays avec des manières, des couleurs flashy ou fluo, une voix assez perchée et le cul toujours en l’air, histoire de choper la première queue à portée. Évidemment, je dis pas forcément que les folles ressemblent toutes à ça mais quand il y a un de ces comportements, je me sens mal à l’aise, pourtant j’ai beaucoup parlé avec des pédés un peu efféminé sans être folles mais je me suis toujours refusé de coucher avec des folles ou de leur parler car rien que leur attitude me déplaît. On peut aimer les bears, les efféminés, les folles, les virils et j’en passe, chacun ses préférences, ça fait pas de nous des hommes aigris ou « discriminateurs ». Pour revenir au parc, il m’est arrivé plusieurs fois de croiser tout le temps le même mec, cheveux colorés blond platine, brun en cheveux de base, imberbe, maigrichon, courant comme une petite fillette esseulée. La première fois, j’ai pris ça pour un sketch car il rassemblait à lui tout seul à tous les traits caractéristiques du cliché. Par contre, il courait vraiment longtemps voire plus longtemps que moi, où moi, je peinais à traîner ma brioche trop grasse et trop lourde. Il n’y avait que son cul qui me plaisait chez lui, il était certes globalement maigre, aussi fragile qu’une chaussure de verre et pourtant son cul était si musclé. Quand il passait devant moi pour me dépasser, j’étais comme attiré par son atout bombé, c’était ma carotte pour courir plus vite et plus longtemps. Il ne se retenait pas quand un beau gosse passait en sens inverse, il se retournait grossièrement en matant son cul et il me voyait moi qui traînait derrière lui, il croisait mon regard 2 secondes puis repartait tout droit, désintéressé. J’aurais pas fait grand chose avec lui, il avait l’air d’être un petit con égoïste qui ne pense qu’à son propre plaisir et à se rincer les yeux sur des hommes de couverture de magazine, pas pour moi qui vise beaucoup plus bas et plus naturel.

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