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Culture | Non classé | Perso | 28.08.2016 - 15 h 29 | 0 COMMENTAIRES
En lisant du Bukowski, … Journal d’un Vieux Dégueulasse

Ce qui ressort de l’écriture de Bukowski, c’est la rapidité avec laquelle il enchaîne les phrases et les coups de tonnerre, l’incision de ces mots qu’il pioche dans sa tête remplie d’anecdotes toutes plus farfelues et vraies, de poèmes et de sensibilité. Une sensibilité qui n’apparaît qu’entre les mots, cachée de tous, impossible à prédire devant la vulgarité et l’obscénité de ses histoires. C’est justement l’atout principal de Bukowski, il a tellement vécu de scènes et d’histoires dans sa vie, il a tellement fait tous les métiers possibles et imaginables qu’il est à même de pouvoir raconter tout et n’importe quoi à ses lecteurs passionnés. Je suis tombé par hasard sur un de ses premiers livres Journal d’un vieux dégueulasse, un recueil de chroniques écrites à la va-vite pour un journal local sans intérêt et ça m’a pris en haleine du début jusqu’à la fin car il a cette facilité à intéresser son auditoire pour la sodomie et les bromances, les putes, la bière et le vin. Il est dégueulasse, répugnant, au physique ingrat et c’est ça qui fait tout son charme. Enfin un écrivain de la rue, pauvre et terrifiant, pas un de ces bobos parisiens qui va chercher son inspiration dans le cul de ses maîtresses et dans les hôtels particuliers. Bukowski est le conteur de la rue et de toute son activité aux États-Unis depuis les années 70, écrivain dit raté, ses recueils et ses poèmes sont impubliables et personne n’ose montrer ça aux gens, rien que le fait de savoir qu’on peut aimer lire du Bukowski vous fait changer de quartier car c’est pornographique et ostentatoire. Jamais personne ne peut aimer lire du cul et se délecter en plus d’une prose agréable, perdue entre les mots nichon, tété, chatte et j’en passe. Certes, c’est vulgaire mais c’est véritable et légitime. Pas besoin de passer par des métaphores pompeuses ou illisibles, il décrit directement la scène qu’il lui est arrivée. Parfois, il peut s’agir d’histoires inventées mais elles sont aussi folles et impensables que les autres. Quand on sait qu’il a rencontré de son vivant Allen Ginsberg, Jack Kerouac et d’autres hommes de la Beat Generation, Sir Henry était bien entouré et adulé auprès de ses confrères.

Ca ne m’était jamais arrivé de tomber autant amoureux d’un style et d’un écrivain, après Journal d’un vieux dégueulasse, j’ai dû acheter Contes de la folie ordinaire et Souvenir d’un pas grand-chose et je ne m’arrêterais pas en si bon chemin car on a beau être habitué par son style, ses histoires sont toutes aussi alléchantes. Loin d’être répétitif, au contraire. Dommage qu’il soit parti si vite, victime de sa débauche et de ses addictions et je trouve encore qu’il est inconnu pour la plupart des gens, condamné à être connu et lu par une minorité curieuse et adepte de folie, malheureusement. Alors je vous en supplie, lisez au moins le Journal d’un vieux dégueulasse et faites-vous une idée par la suite, bonne ou mauvaise impression, il ne nous laisse pas indifférent.

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