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Culture | Non classé | 05.05.2016 - 18 h 15 | 0 COMMENTAIRES
« Tangerine » ou le début d’un cinéma trans inédit

De Sean Baker,

Sorti le 30 décembre 2015 dans la plus totale invisibilité aux yeux des français,

Avec Mya Taylor, Kitana Kiki Rodriguez

 

 

Synopsis :

24 heures dans la vie d’une transsexuelle, errante dans un Los Angeles fou et coloré, à la recherche de la fille qui a couché avec son mec. Une quête haineuse parsemée de rencontres et situations improbables…

Voilà grossièrement le déroulement du film, du cinéma entièrement filmé avec des smartphones de la marque à la pomme, trafiqué pour ne pas que ça soit trop dégueulasse à voir pour les spectateurs. Ce film, c’est le pari fou d’un réalisateur curieux de nous dévoiler un côté célèbre de la cité des anges : la prostitution. Il a rencontré par hasard ces 2 actrices dans un centre LGBT du même quartier que celui où se passe l’action du film. Alors évidemment, c’est pas un blockbuster où on s’en prend plein la gueule, on crache des punchlines d’enfer et où on trouve des femmes dépourvues de cerveau tombant dans les bras d’Hercule des temps modernes. Non. C’est la sincérité et la véritable vie de ce qui peut se passer dans un couple normal quand il s’agit de « cocufiage » ou de tromperie, que ce soit pour les hétéros, les homos, les bi ou les trans. C’est aussi une vision fixe de caméra plantée en plein milieu d’un quartier : avec ces hommes mariés qui, en manque de sensation sexuelle ou bien de frustration, engagent des prostitués, cette mixité propres aux banlieues où tout le monde se mélange et ne se juge pas, c’est exulter l’humour du quotidien. C’est réellement ça qui est marquant dans ce film, c’est la profusion des genres, des goûts et des couleurs et c’est ce qui peut donner idylliquement envie au spectateur de se barrer de sa ville conservatrice et d’aller s’installer dans ces villes riches et tolérantes. Il embellit aussi la situation des trans aux États-Unis qui est de plus en plus reconnue et tolérée mais on n’oublie malheureusement pas que ce n’est pas aussi beau dans la vraie vie et que les trans sont toujours et encore victimes de discrimination et de mauvais traitement. Mais il a au moins le mérite et la portée de faire changer petit à petit le point de vue sur les trans aux américains bien attachés à leur bible et leur principe pieu.

Bref, ce film parle d’une situation, ma foi, assez commune : l’infidélité dans un couple, et qui tend à révéler au monde un nouveau genre dans le cinéma classique américain car comme le dit si bien Mya Taylor (quelle belle femme !) dans son discours de remise du Film Independant Spirit Awards, il existe un talent transgenre ! Et l’important n’est pas de s’arrêter à ce petit bijou cinématographique mais bien de créer d’autres à partir de cette base-ci si pertinente.

En prime, le discours (en anglais) :

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