7121 « C’est arrivé près de chez vous » ou la marque indélébile d’un faux documentaire mythique | Journal d'un hom(o)me refoulé

La bannière doit faire 1005 x 239 pixels

Journal d'un hom(o)me refoulé
Un blog Yagg
Dernier Billet
Culture | Non classé | 13.04.2016 - 18 h 03 | 0 COMMENTAIRES
« C’est arrivé près de chez vous » ou la marque indélébile d’un faux documentaire mythique

Monument du cinéma belge, C’est arrivé près de chez vous, sorti en 1992, explore via un faux documentaire la vie trépidante d’un tueur en série. On suit la vie de Benoît, un tueur fou, conscient de ses actes terribles et qui rationalise ses actions d’un parler rapide et incisif. On assiste à une descente aux enfers et à l’environnement pourtant chaleureux mais impuissant de sa famille et des journalistes venus le filmer.

Tourné en noir et blanc, ce film exploite un genre qui n’était pas beaucoup utilisé auparavant dans le cinéma : le faux-documentaire (le plus connu étant Cannibal Holocaust sorti en 1980). Filmé en pellicule 16 mm, il était à la base un travail de fin d’étude du réalisateur et metteur en scène véritable Rémy Belvaux, accompagné par André Bonzel le cameraman. Le travail de fin d’étude projeté et noté, l’idée d’en faire un film se développa et des scènes autrefois coupées par les professeurs furent réintégrées et d’autres ajoutées. Le film fit évidemment scandale par sa violence sexuelle, physique et psychologique : une combinaison diabolique détestée par les services audiovisuels.

Assez parlé du contexte, venons-en au fait ! On est marqué dès le début du film par la facilité quasi enfantine du modus operandi de Ben, de ses réflexions sur l’urbanisme, les « enfants du soleil », le cloisonnement de la société…etc. On assiste impuissant à l’amitié naissante entre les journalistes et cet homme pourtant si charmant au premier abord. Le film casse les codes du documentaire et on immisce les journalistes malgré eux dans une histoire qui les dépasse. Il ne déçoit jamais, il dégoûte et rend insupportable certaines scènes véritablement choquantes. Si on regarde seul ce film d’une heure trente environ, dans sa chambre, lumières éteintes, on croise mentalement les doigts pour ne pas tomber sur ce fou, venu aléatoirement tuer quelqu’un. On survole la complexité mentale d’un être torturé, encore gamin par moments, avide d’argent et d’amitié. On renifle comme par instinct les caractéristiques d’un homme trop souvent seul et autrefois déçu d’une compagnie un peu trop ennuyeuse, aimant les belles lettres et la culture populaire. Je classerais cet homme comme un gentil tueur : une personne dont on se bat pour être de son côté et surtout pas de l’autre.

C’est un film dur, violent et beau dans ces élucubrations lyriques et ces dialogues pertinents. Un film culte… certes.

La bande annonce pour les curieux…

LES réactions (0)
« C’est arrivé près de chez vous » ou la marque indélébile d’un faux documentaire mythique

ajouteZ VOTRE réaction
Publicité