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Culture | Non classé | Perso | 29.03.2016 - 15 h 38 | 0 COMMENTAIRES
Vies Quotidiennes Délurées

Dépeindre des situations quotidiennes, en les détaillant et en allant un petit peu plus loin qu’une simple description sommaire et ennuyeuse, en allant dans la vulgarité gratuite et trash d’un pareil tableau.

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Je suis assis à côté d’une chinoise obèse, les yeux rivés sur son portable en train de jouer à un RPG japonais ou chinois, des traces de farine sur les cuisses, un panier rempli de légumes et de courses diverses et variées où sortent des céleris, des carottes (et autres objets ostentatoires utiles pour la masturbation anale ou vaginale. Un répit pour ces femmes insatisfaites de leurs maris éjaculateurs précoces ou impuissants.) Passer sa vie dans un monde irréel et le retranscrire dans une réalité malhonnête et blessante. On voit bien que cette femme est malheureuse, dans sa peau, sa vie. Elle rentre chez elle avec un sac de provisions sous le bras, son portable qui ne vibre plus que pour des publicités reçues par sms, son visage dépité parcourt son salon vide. Manque cruel de décorations originales ou personnelles. Elle découvre dans un soupir un homme gros, allongé sur le canapé, les pieds poilus reposés sur une table basse Ikéa. Elle est étouffée par un mari trop présent et trop autoritaire. Elle se soumet telle une esclave au XVIIIe siècle, frustrée de voir son mari et son manque de romantisme, son excès de jalousie et son omniprésence dans sa vie triste. La sexualité, elle la découvre dans des livres ou dans des séries télé qu’elle bouffe littéralement à longueur de journée, faute de trouver un travail décent. Son mari la dégoutte mais elle ne peut pas le quitter, qui voudrait d’elle sinon ?

A côté d’elle, se trouve une jeune femme de 25-30 ans, enceinte jusqu’aux oreilles, le visage fatigué, les traits tirés et les rides marqués. Un bel avant-goût de la beauté de la grossesse. Elle attend impatiemment ce jour fatidique, le jour où, le vagin déchiré par la pression, elle expulsera ce parasite qui a mis des mois à se développer. Des mois à manger comme quatre pour nourrir un être en devenir, des mois à vomir tout le contenu de son estomac, des mois à ne plus pouvoir apprécier ce qu’elle aimait manger auparavant, des mois à aller aux toilettes toutes les trente secondes. Une horreur qui va se terminer par le plus beau jour de sa vie, quand elle regardera le visage neutre de ce bébé, les yeux plissés, non encore ouverts, encore préservés de l’innocence et la pureté de son habitation organique. Quand elle comparera son physique avec celui de son mari ou elle et trouvera à qui il ressemble le plus. Quand elle posera sur son sein la petite tête douce et encore humide de ce bébé, son bébé.

En face, un couple en train de se papouiller. Elle : talons hauts noir, collants de la même couleur, une jupe ras la salle de jeu et un manteau en fourrure imprimé léopard. Bref, une pute ! Et son mec assis près d’elle, le doigt prêt à partir dans sa chatte, elle lui caresse avec insistance la cuisse. Le spectacle sera bruyant et sportif quand ils rentreront chez eux. L’homme est moche, tristement habillé, les cheveux longs et le pantalon usé. On ne comprend pas trop l’alchimie entre eux deux. A part peut être, un point commun sexuel, une connexion retrouvée au lit : la nymphomanie ou le satyrisme. Peut-être a-t-il un GROS atout qu’il lui plaît ? Elle, on le sait, ferait bander n’importe quel homme en manque donc ça ne vient sûrement pas de lui. Il ne fait juste qu’être un homme, il choisit la plus pulpeuse qui acceptera de coucher avec lui. Par contre, à l’opposé, elle est attirée par quelque chose de matériel. Une envie qui la pousse à persévérer son illusion charnelle. Un besoin nécessaire pour assouvir ses fantasmes les plus inavouables comme par exemple, être insultée de salope ou de pute pendant qu’elle se fait prendre en levrette devant un public ébahi, leurs mains secouant leurs sexes désabusés. Une base humaine, des outils faits de membres et de pénis érigés, occupés à lui procurer un plaisir immense. Prendre les hommes pour des machines sexuelles, pour une fois que c’est l’inverse. La soumission de l’homme face à la femme quand il s’agit de bombe sexuelle ou de pin-up qui n’ont peur de rien. Elle se dit qu’elle pourrait faire la même chose que des mannequins mariées des dizaines de fois. Elle sait très bien ce qu’elle reflète, elle sait parfaitement l’effet qu’elle procure sur les hommes. Pourquoi n’en ferait-elle pas un avantage ? Comme un homme superficiel et beau, elle profite de sa notoriété physique pour attirer les faveurs et les fantasmes. Or c’est ce qu’elle veut, combler des fantasmes, remplir une liste de fantasmes non encore réalisés, prêts à être proposés et réalisés dans les plus brefs délais.

Un autre couple me regarde : je sens qu’il remarque mon attitude un petit peu moins viril que les rugbymans ou les maçons, les jambes croisées, le regard lointain, j’ai hâte de rentrer chez moi et de me coucher. Et je vois ces deux abrutis le visage étiré par l’alcool en train de m’analyser, de faire des remarques un peu hautes, de rire ensemble… Je l’avoue il y a peut-être un peu de paranoïa ajoutée mais je suis quasiment persuadé qu’il moquait mon orientation. Comme un petit groupe d’hommes perfides se frottant les mains sur la misère humaine, les poches remplies de cash débordent d’avarice et de cupidité. Un groupuscule armé de grandes dents toutes plus banches que jaunes, des monocles sur leurs longs nez disgracieux, débute une partie de poker dans une salle mal éclairée, respirant la fortune et la corruption. Ils parlent de la misère du monde et des normes sociales dictées par l’élite de la nation. Ils discutent de ce qu’il faut faire et ne pas faire, ce qu’il faut montrer et cacher par la suite. Ils vagissent sur les orientations multiples des hommes et prônent une conception ancienne et hétéro-normée d’une société en plein essor. Les pd ou les tapettes n’ont rien à faire ici, dans ce monde ! Qu’ils aillent s’enculer ailleurs et qu’ils ne polluent pas la sexualité de nos pures éphèbes et de nos gracieuses vierges. Pertinent. Surtout venant d’eux car leur sexualité se résume à deux grognements, la sueur au front, la bite dans un bourrelet sans le remarquer, les dents serrées, des crampes aux cuisses. Ils assistent inconsciemment à leur impuissance et leur manque de pratique. Eux qui critiquent les hommes, ne sont pas foutus de baiser correctement et de satisfaire leur femme qui, depuis le temps, a oubliée elle aussi ce que c’était que de se faire pénétrer.

Un autre homme vient s’asseoir sur un siège à gauche de moi. Il est gros, suant, une casquette sur la tête, un complet jogging-basket digne des grands stylistes parisiens, une bière dans la main et deux dans la poche ventrale de son manteau. Tel un kangourou qui aurait sombré dans l’alcoolisme plutôt que dans la nature, l’obésité androïde marquée, il fixe une nana un peu trop bien habillée pour ce tramway d’ivrognes et de pervers lourds. On sent dans ses yeux l’envie, l’appétit sexuel de se taper une femme comme elle. On s’attend à une légère modification de la voussure au niveau de sa braguette, une fois les images en tête. Il s’imagine peut-être la baiser violemment et la satisfaire des heures durant. Mais la réalité revient au galop et l’éjaculation se fait trop rapide. Lui, honteux et elle, frustrée se quittent dans un « au-revoir » qui en dit long sur des souffrances inopérables et refoulées qui touchent les petits comme les grands, les mieux dotés comme les plus modestes.

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