7121 Journal d'un hom(o)me refoulé

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Journal d'un hom(o)me refoulé
Un blog Yagg
Culture | Non classé | Perso | 18.03.2017 - 10 h 25 | 0 COMMENTAIRES
Ce n’est qu’un au-revoir !

Hello à tous et à toutes ! 🙂

Petite info pour ceux qui aiment mes articles et souhaitent continuer à les lire après la fermeture des blogs Yagg, j’ai un petit blog perso (encore en construction donc soyez indulgents) ! 🙂 Vous retrouverez tous mes articles depuis le début !

Je ne posterai plus d’articles sur Yagg, tout se passera ici : –>      https://unhommeenbalade.wordpress.com/

 

Culture | Non classé | Perso | 08.03.2017 - 18 h 18 | 0 COMMENTAIRES
Un Soir d’Hiver : Colère

Non, je ne suis pas mort, non, je ne suis pas parti vers d’autres horizons lointains qui font rêver chacun et qui au final, déçoivent par leur banalité. Je me suis juste perdu en chemin, dans un chemin boueux, profond, avec du vent dans le visage, les yeux à demi-fermés, luttant faiblement contre une tempête qui me dépasse. Comme un acteur qui lutte contre un énorme ventilateur, sensé représenter un cyclone ou un typhon (je ne connais pas la différence et je m’en fous), je lutte, lutte, une lutte acharnée et vaine car elle ne concerne que moi et qu’elle ne pousse que ma personne. Je me suis perdu dans mon orientation, dans ma situation personnelle comme professionnelle, je me suis remis grandement en question, il y a des périodes dans la vie où on se remet en question brutalement et de manière vraiment exhaustive, la fin 2016 a été une de ces périodes-là et d’ailleurs, elle l’est toujours, plus ou moins. Je dis pas que maintenant j’ai tout résolu, loin de là, mais j’ai mis de l’ordre dans ma vie et il me reste encore de grandes étapes à franchir pour être totalement libre, libre au point de ne plus avoir l’impression d’être enchaîné à un bloc de béton, de ne pas pouvoir vivre librement, d’être encore sous une contrainte. Je n’exprime cette liberté que dans ma maigre chambre qui fait office d’appartement, je l’exprime par une nudité quasi-quotidienne, de la danse, du chant, du yoga à poil, des exercices de sport. Quand j’arrive chez moi, je quitte mes habits pour me geler les couilles agréablement, j’augmente la température de mon radiateur, je mets une petite musique histoire de faire bien cliché comme Macho Men des Village People et c’est parti pour une soirée des plus classiques. J’ai pris cette habitude de me balader à poil chez moi, de faire mes révisions à poil sur mon lit, de danser et de faire du sport à poil, de faire la vaisselle à poil, de me préparer à manger, d’appeler mes amis, d’envoyer des textos, de chatter, …etc. Bref, une vie normale mais sans vêtements et je serais tellement heureux de pouvoir le faire en dehors de mon appartement, par exemple aller faire mes courses, ce serait un pied pas possible. On a tous plus ou moins tenté l’expérience de se balader sans caleçon ou sans culotte un jour, histoire de voir si ça change quelque chose, c’est pas extrêmement bien, en fait, tout est plaqué contre le pantalon et du coup, l’espace devient vite irrespirable, les testicules se tordent et la marche quotidienne devient un calvaire. Certains le font par habitude, moi, je ne le retenterais pas de si tôt. J’ai l’impression que je m’épanouis seul et non plus accompagné comme autrefois, j’ai cette impression de concentrer (à tord!) toute mon attention sur ma petite personne, comme un égoïste pur et simple qui regarde pas plus loin que le bout de son nez. J’articule ma vie dans mes loisirs, ma vie professionnelle, sans pour autant jubiler d’un bonheur commun ou partagé, le partage dans ma vie se résume à ma vie sexuelle où c’est bien le seul moment où je partage des choses avec des inconnus ou des connaissances, parfois dans une joie commune, parfois dans une joie unilatérale, parfois dans aucune joie, parfois dans le regret, parfois dans la peur et l’ennui. Je fais des étirements jusqu’à sentir mes muscles se tendre au maximum, avoir l’impression qu’il n’y a plus de mouvements possible et je reprends mon souffle et mes muscles trouvent une seconde force interne qui les tend encore une fois plus loin, comme lorsque plus jeune, je m’essayais à l’auto-fellation, au plaisir que cela pouvait procurer mais surtout au mal de dos le lendemain, à chaque fois, toujours le lendemain. Je m’étire dans l’espoir de me déformer, de rendre mon corps malléable, comme un bout de pâte à modeler, de le rendre aussi méconnaissable dans sa maigreur, mes côtes ressortent de plus en plus, j’ai le ventre de plus en plus plat, je perds les muscles que j’avais difficilement fait gonfler, je deviens un haricot sec qui n’a plus vu d’eau depuis des années. Je perds des kilos mais je gagne en souplesse, en équilibre, en apaisement, en communication avec moi-même, en équité et en paix intérieur, je sais, tout ça, on dirait une brochure de chez Nature & Découvertes mais c’est la vérité, c’est parfois des citations bateau qui ont plus de sens que des citations à rallonge à la mode. J’ai beau être seul, j’ai trouvé en moi une paix et une acceptation grâce à la méditation et la remise en question. J’ai beau ne pas connaître, ni côtoyer mes voisins (certains sont de beaux mâles, dont un certainement gay, j’en suis sûr), j’ai le sentiment d’être entouré et d’être apaisé, le sexe n’est plus une nécessité comme autrefois, il n’est plus le reflet d’une liberté, il est un accompagnement facultatif dans une vie déjà pesante et tortueuse. Le sexe n’est plus une obligation, une pulsion monstrueuse difficile à dresser, c’est un plaisir de la vie comme un autre, comme manger, sortir, se cultiver, c’est aussi simple que cela. Il est loin le temps où le sexe était une raison de vivre et où, tout juste sorti d’un célibat interminable, il était mon shoot de coke, ma substance addictive, la chose à faire et à développer absolument, histoire de montrer à tous que je ne suis plus cet homme ennuyant et timide, inutile en somme que j’étais auparavant… Suis-je assez fou pour croire toutes ces interrogations ? Suis-je le seul à penser de la sorte, je ne le saurais jamais, je ne suis pas assez fou pour ça.

Pour couronner le tout, je me suis inscrit sur Grindr/Hornet, applications qui font polémique par sa stigmatisation mais qui sont néanmoins indispensable à l’épanouissement de certains hommes en manque d’affection, de sexe et d’amour (effectivement, on sait jamais). J’ai sauté le pas en mettant une photo de mon visage sur mon profil, j’ai sauté le pas en rencontrant mon premier plan grâce à l’appli, j’ai sauté le pas en me détestant une fois le plan terminé, j’ai sauté le pas en désinstallant l’application un soir et en la réinstallant le lendemain matin, j’ai sauté le pas quand je découvre les mêmes têtes tous les jours connectées au même moment, j’ai sauté le pas quand la photo d’une bite fait office de BONJOUR, j’ai sauté le pas quand il est plus simple de jouer au loto que de trouver une relation amoureuse. Ne nous mentons pas non plus, à la base, on télécharge cette application pour baiser, purement et simplement, on se ment terriblement si on le fait pour « rencontrer le prince charmant que je rêve depuis toujours », c’est vivre dans un conte de fées qui n’existe pas et qui n’a jamais existé. On est pédé, on est jeune, on est vivant, on est pas naïf (je parle pas pour tout le monde) donc on cherche pas en priorité un amant, un amoureux, RETOUR AU COLLÈGE MESSIEURS. En ouvrant l’application, on découvre un panel monstrueux d’hommes plus ou moins frustrés par la vie, plus ou moins touchés par la grâce, plus ou moins cons, plus ou moins instruits, un pot-pourri qu’on trouve dans les toilettes, histoire de masquer les mauvaises odeurs, une sorte de leurre où les corps fabuleux règnent en maîtres incontestés, un physique qui fait regretter son ventre un peu grassouillet, qui fait regretter la taille normale de son pénis, des regrets qu’on retrouve lorsqu’on regarde du porno, autrement dit, tout ça n’est pas la réalité. Quant il s’agit de rencontres amoureuses ou de plans culs, la concurrence amène la jalousie (j’en suis un vestige, bonjour) qui amène la haine et l’envie, qui amène la colère, qui amène la tristesse, qui amène la dépression et qui amène ensuite tous pleins de misères. La preuve, je n’ai jamais de réponses spontanées et si j’en ai, c’est rarement des hommes qui me plaisent. Car je me rends compte que je deviens gâteux, un vieux bobo mondain qui trie les hommes comme on trierait des feuilles de salades pour mettre dans un plat gastronomique, c’est tout ce dégoût de moi-même qui s’accumule et qui fait que je me déteste de plus en plus, gavé de pensées qui me dépassent. C’est terrible de se voir comme ça, autrefois, quand j’avais un portable pourri qui ne faisait pas d’applications, j’étais innocent, préservé de cette sélection commerciale et superficielle que ces merdes produisent. Mais galvanisé par une excitation proche de la perversité maladive, j’embrasse ma curiosité et je télécharge ces applications, rien que pour savoir quel est l’homme charmant qui se trouve le plus proche de chez moi. C’est pour entretenir des fantasmes terribles, et je me rends compte que je n’ai guère changé mes habitudes, je me masturbe à la même fréquence, je fréquente les mêmes sites porno, j’ouvre toujours tous les matins les applications à la recherche d’un message imaginaire posté la veille au soir mais contrairement à ce moment de routine, en ce moment, je suis dans une phase descendante où tout me dégoûte, mon corps, mon sexe que je ne touche quasiment plus hormis aux toilettes, le sexe en général, je continue de parcourir les milliers de visages sans nom qui peuplent ces temples de la baise gratuite et rapide comme si on parcourt l’application de VDM, rien que pour passer le temps, sans but précis. Et puis évidemment, on tombe sur les pires hommes de la Terre, ceux qui ont la cervelle collée à leurs couilles ou à leur ego et non, ils ne cherchent pas d’hommes « normaux » mais que des « masc » parce qu’on est pédé mais bon, on veut pas non plus qu’on le soit trop alors les « tafiolles » ou les « folles », du balai ! Bref, c’est marrant mais c’est surtout triste de voir que le type d’homme en vogue est un homme masculin, style hétéro, viril mais avec pas trop de poils, mais avec des poils quand même parce que sinon ça fait trop pédé, avec de l’esprit (pas comme eux), moins qu’eux car sinon ils se rendraient compte qu’ils sont les plus cons, avec des muscles parce que ça montre que tu passes pas ton temps à glander sur un canapé avec des chips en guise d’amis imaginaires, de la barbe parce que ça fait hipster et branchouille. EN CLAIR, de la stigmatisation pour des élites qui se croient plus intelligents que tout le monde, qui crachent et qui jugent tout ce qui a des pieds, une bite ou un cul et qui attendent patiemment, après avoir rempli leur compte Instagram de photos de leur petit-déjeuner, que les propositions arrivent sur un plateau en argent. A tous ces mecs, je leur dis : cassez-vous, vous ne faites pas parti d’un mouvement ouvert, fort et uni qu’est le LGBT crew, vous bafouez ce que des gens ont mis des siècles à construire, vous enterrez la tolérance et déterrez des principes moyenâgeux, à tous ces gens : je vous emmerde.

Non classé | Perso | 22.09.2016 - 19 h 16 | 0 COMMENTAIRES
Un soir d’Eté : Plaisir individuel

Et puis il y a des soirs où tout ceci me lasse et m’ennuie, je fais dans ce cas une séance de pompes ou d’abdos, histoire de pas être trop repoussant et de se tenir en forme physiquement, en écoutant Mother i feel you under my feet en fond sonore, pour ne pas faire du sport dans un silence complet et puis pour s’arrêter deux secondes pour chanter le refrain et puis recommencer. Et si je chante trop fort, j’emmerde mes voisins silencieux dont je ne connais ni le visage ni le nom. Ou si c’est pas le sport, je m’adonne à mon activité favorite ces temps-ci : la branlette. On pourrait en faire une ode ou une chanson car il y en a des choses à dire là-dessus, bien que ce soit une activité d’éveil sexuel pour trouver un peu les particularités du plaisir qu’on peut ressentir, c’est aussi un passe-temps comme un autre. Certains jouent au molkky dans leur jardin et d’autres se branlent discretos dans leur chambre, un mouchoir à portée de main et un support vidéo. C’est triste de se dire qu’on se branle quasi-obligatoirement via un support numérique que ce soit une photo ou une vidéo le plus souvent, les magasines de cul n’existant quasiment plus et prennent la poussière dans les étagères les plus hautes des bars-tabac. Or quand je repense à mes jeunes années, je me vois dessiner des gros sexes dans un coin de mon journal intime ou sur une feuille de papier volante, un sexe qui pénètre un orifice quelconque, c’était juste l’acte imaginé par un gamin de 12-13 ans qui se masturbe en cachette et qui n’oublie surtout pas de ranger ledit journal une fois son affaire conclue ou de déchirer en milliards de morceaux la feuille grands carreaux qu’on réservait normalement pour les cours de maths. Mieux encore, reposer sa branlette quotidienne du soir ou du matin sur l’imagination et dans ce cas, ça devient extrêmement excitant et plus rapidement qu’un jeu vulgaire d’acteurs bodybuildés. Quand on s’imagine une scène un peu cocasse, c’est toujours rattaché à la réalité du quotidien, je m’explique : une première rencontre dans l’épicerie de sa rue, près de son arrêt de métro, bref, une situation au final assez terre-à-terre et c’est qui rend la chose plus prenante car tout de suite, on ne se dit pas : c’est un plombier qui va sonner à ma porte ou un représentant ou encore un de mes voisins canons qui a plus de sucre dans ses étagères. Inimaginable. Là, ça reste tout à fait plausible et ça peut arriver d’un jour à l’autre. On s’étonne presque de penser à des personnes qu’on avait oublié et qu’on replace dans un moment d’intimité qui peut paraître gênant, un ex, une connaissance qu’on apprécie mais qui fait pas forcément fantasmer, un voisin, le brancardier de sa chambre d’hôpital… et j’en passe, tout est possible dans son imagination. Fermer les yeux, en se paluchant pas trop vite pour ressentir la construction de la scénette qui va inévitablement se terminer par une éjaculation, c’est un exercice à s’approprier car chacun va à son rythme et passe par un cheminement imaginaire différent à chaque fois et donc difficilement reproductible in fine. Et puis le mec en face aura des caractéristiques physiques particulièrement craquantes alors que pour un porno, on est plus intéressé par la morphologie de la queue du type que de son menton ou s’il porte une barbe ou non. C’est con comme le porno oublie ce côté situationnel et proche de la réalité, c’est barbant de faire un scénario crédible et adaptable à chacun mais bon, faut pas non plus abuser : l’accident bête de « je tombe devant le mec qui est en face de moi dans le vestiaire, en tombant je m’accroche à sa serviette et je tombe nez à nez sur sa grosse queue à demi-molle » laissez moi rire. Ce genre de choses n’arrive jamais pour le commun des mortels, on peut certes tomber sur un mec relativement mignon devant soi mais loin de là, la vision de son sexe en demi-érection et la malheureuse chute miraculeuse qui l’accompagne. Y a que dans des saunas ou des backrooms où là, on sait déjà par avance ce qu’on va faire et où c’est « commun » de tomber sur une queue sortant d’un trou fait dans le mur… Tout ça pour exposer le fait qu’on ne réfléchit pas assez sur la construction mentale d’un fantasme ou d’un plaisir excitant nécessaire à une masturbation bien faite et au contraire, on repose sur l’action mécanique du va-et-vient et de la vision floue et erroné d’une virtualité siliconée et superficielle, barbante et conceptuelle.

Non classé | Perso | 13.09.2016 - 19 h 55 | 0 COMMENTAIRES
Un soir d’été : Essayage

De la merde dans les yeux, sur mon corps et dans mon appartement, les couches de poussière s’accumulent sur des surfaces sales, remplies d’éclats de graisse de la cuisine, de miettes de pain. Du Rocky Horror Picture Show dans les oreilles, on remarque quand on porte des oreillettes toute la journée que les oreilles grattent, la journée est morose comme la météo et on reste assis sur une chaise qui fait mal au cul, les yeux aspirés par l’écran de l’ordinateur. I’m just a sweet transvestite from transsexual Transylvania sur Spotifiy, je me tâte sur une sortie entre amis qui se finira entre une pinte de bière et des regards insistants, autour d’une table de bar ou dans l’herbe verte d’un bord de fleuve, je me tâte à rester chez moi comme un ermite qui pue la transpiration d’un t-shirt non lavé depuis des semaines et le sexe d’une masturbation compulsive à plus de six fois par jour, la main collée à son appareil génital condamné à n’exercer qu’une seule action mécanique. On rebrousse chemin et on écoute gentiment Time Warp puis Science fiction/double feature, le silence dans la pièce s’installe progressivement et le cerveau commence à ne plus répondre. Du papier-bulle se trouve à côté de moi, je pète frénétiquement chaque centimètre carré de bulles dans un claquement presque orgasmique puis quand je me lasse de la répétitivité de l’action, je m’habille et je me regarde dans le miroir de ma salle de bain. Une salle de bain d’étudiant comme on les apprécie, remplie de moisissures et de saleté à outrance, des cotons tige sur le lavabo, des tonnes de dentifrice usagés dans un pot près du savon, dans un environnement humide et moite où les serviettes collent et ne sèchent plus. Et là, je me regarde dans le miroir, je vois mon visage fatigué, des cernes sous mes yeux verts, des poils multicolores dans ma barbe de plusieurs semaines, des grains de beauté parsemés un peu partout sur mon visage et mon corps, je suis vêtu d’un justaucorps noir, mes poils de torse ressortent terriblement comme des frisottis de poils pubiens qu’on veut normalement absolument cacher mais là, je m’en fous, c’est entre moi et la glace. Puis des collants noirs qui grattent, où les poils traversent la maille et sortent comme des tentacules dans un hentaï, je suis vulgaire, féminin et en même temps terriblement viril, c’est étrange comme sensation de se voir se travestir et d’en apprécier chaque détail. Même les bourrelets de mon ventre et mes poignées d’amour sont craquantes, loin d’être un défaut ou un complexe. Si je pouvais, je me baiserais. C’est cette ambiguïté, que dire ! cette chance de mélanger les genres et de les casser pour ne faire qu’une seule unité riche et hétéroclite. C’est mettre les gens dans des cases que de les rattacher à un genre et tout ce qui en découle, une petite fille n’est pas normale si elle apprécie des jeux ou des sports de garçon, les parents se posent des questions sur leur éducation et leur culpabilité dans les goûts de leur fille adorée Qu’est-ce qu’on a fait de mal ? et toutes les conneries qu’on peut débiter ensuite… Je me vois comme un homme et pourtant, j’apprécie de me sentir femme de temps en temps, ça ne fais pas de moi quelqu’un d’asexué ou d’agenre, je me considère comme un homme mais j’accepte entièrement la part féminine qui entoure chaque homme et que chacun réprouve plus ou moins. Là n’est pas la question de mon genre ni de mon identité mais le plaisir qui découle de s’habiller dans des vêtements qu’on ne porte pas tous les jours et qui vous rend étrangement plus grand, avec une impression de puissance sans fin, comme après une prise de méth. Je me vois habillé comme ça, tout seul, dans ma misérable salle de bain et pourtant, j’ai l’impression d’être sur une scène et dans ce cas, les collants seront remplacés par des porte-jaretelles noirs style Frank N Furter, je me vois chanter le Galop Infernal dans l’opéra-bouffe d’Offenbach Orphée aux Enfers, entouré de satyres, de personnes folles à lunettes, de femmes bien en chair dans le style burlesque. J’adorerais assister à un spectacle burlesque, voir les formes et les couleurs se mouvoir dans un océan de danse et de chair nue. Fermer les yeux et se retrouver sur le devant de la scène, sentir la chaleur des projecteurs sur mon visage maquillé, c’est ce qui m’assaille quand je me regarde dans la glace, ce bout de verre qui vous fait remettre tout en question et qui projette ce que vous êtes réellement, c’est-à-dire un mensonge pur et simple. Mais je me complets dans ce mensonge et je termine cette séance d’habillage intime par une clope bien méritée, histoire de finir sa rébellion correctement. Une clope menthol car, oui, on est pédé ou on ne l’est pas.

Non classé | Perso | 07.09.2016 - 16 h 11 | 0 COMMENTAIRES
Un Exercice ou une Expérience

La musique trop forte dans des oreilles déjà abîmées, je sens le mal de tête qui sombre dans mon crâne revenir à la charge, ce même mal de crâne qui me pourrit la vie depuis des dizaines et des dizaines d’années et celui qui m’accompagne dans les moments de pur bonheur ou à l’inverse de pures folies et de tristesse sans nom. On ne peut pas tout expliquer et tout décrire dans la tête d’un pédé qui apprend petit à petit, qui découvre finalement l’héritage d’autres pédés célèbres avant lui et ce que d’autres font encore aujourd’hui pour soutenir une minorité qui hurle et monte sa voix d’années en années. Je peux le dire maintenant : je suis fier d’être pédé ! On va dire qu’il dit tout le temps « pédé » mais je suis le premier à m’appeler comme ça et j’en suis heureux, heureux de cracher à la gueule de tous les réac qui crient au non-naturel, heureux de faire parti d’une communauté et d’adorer cette position. Les insultes, il faut se les approprier encore et encore, de peur ou d’anticipation, c’est toujours mieux quand on se les dit soi-même, plutôt que de les entendre faiblement, dit entre deux dents, dans un serrement de mâchoire crispée par la haine. A l’extrême, j’aimerais m’habiller en femme, du rouge à lèvres rouge sur mes lèvres, du bleu sur les paupières, une robe noire un peu moulante, une belle pute, une magnifique pute qui emmerde tout le monde, voilà ce que je voudrais mettre dans une boîte ou dans un endroit assez ouvert pour ne pas se faire péter la gueule à chaque angle de rue. Aller à San Francisco, ça fait cliché mais c’est là aussi où il y a des tonnes de mecs tous plus chauds qu’une cheminée, le Marais en beaucoup plus grand et plus fou. Quand je réfléchis à ce que je serais plus tard, je me vois comme un vieux qui écoute du Johnny Clegg et du Pink Floyd dans un peignoir mauve, pieds nus en train de déambuler dans un appartement acheté sur le tas aux États-Unis ou au Canada, loin de toute cette merde homophobe, mon homme de toujours pas loin, dans la pièce d’à côté qui lit du Hemingway, les doigts de pied en éventail sur un divan style Louis XVI. C’est fou comme en réfléchissant un peu, les envies du moment et les fantasmes immédiats ressortent et découpent un tableau parfait, tout ça m’a l’air bien idyllique, je pourrais être dans la rue à mendier de pauvres centimes, après avoir divorcé d’un mariage raté, en train d’enterrer les soucis dans l’alcool, classique. Ou encore ne pas avoir eu le temps d’accomplir des choses dans la vie et d’être décédé trop tôt, emporté par une maladie fatale. Je ne sais pas et on ne sait pas ce qu’on deviendra plus tard, on ne peut que spéculer sur un fantasme ou un rêve d’enfant ou de pédé, je repose sur l’imaginaire qui ne ne me quitte plus depuis des années, il a été d’ailleurs un compagnon de voyage exemplaire. Je réfléchis sur la labilité des sentiments et le fait ou non de retourner avec un ex qui m’a lâché comme une merde ou encore reparler avec des gens que j’ai pas vu depuis des années et qui m’aborde, les yeux rougis par l’alcool ou le pétard, avec une facilité déconcertante. Le discours est vague et l’échange lent, ponctué par de lourds blancs qui, quand on est bourré, passent inaperçus. J’ai pas envie de m’embarrasser avec toutes ces conneries de folles ou d’hétéros, les hétéros comprennent pas, ils ne se rendent pas compte mais bon, on ne peut pas leur en vouloir, ils ont juste choisi la voie la plus simple et toute tracée. Marre de faire le distinguo hétéro/homo : on s’aime, on baise, on vit et puis c’est tout ! Les maladies, les microbes, les rejetons, les conflits, tout ça vient après.

Comme un monologue dans un mauvais magasine pour ménagères déprimées, on peut lire en bas de page : « le soir, posez-vous tranquillement sur votre canapé ou votre lit et fermez les yeux, sans faire un seul et unique mouvement, relâchez toute la tension de la journée en vous décontractant lentement mais sûrement, un peu comme un début de pénétration. Pensez à ce que vous pourriez devenir plus tard, vieux ou jeune, l’intérêt est de se projeter en avant et de découvrir ce qui vous fait envie. Et là, tout vient petit à petit, on se découvre écrivain, baroudeur sur des îles perdues, seul ou en famille avec une photo digne des meilleurs paquets de gâteaux, physiquement usé par le temps ou au contraire, très jeune et pas une ride, redevenu hétéro par envie ou pression sociale, devenu femme par révélation et bravoure, un travelo misérable dans un freak show des années 30, rien ne dit que ça doit être un rêve moderne, on peut très bien se voir copuler avec des hommes et des femmes en plein festival de Woodstock, un papier buvard tout juste fondu sur la langue. Bref, respirez profondément, à rythme normal mais profond, le noir de votre champ visuel est remplacé par une photo de vacances, une carte postale timbrée ou encore ressemble étrangement au tableau accroché dans le salon de grand-mère. Envahissez-vous de cette vision et profitez de l’instant car avec la vie qu’on mène maintenant, rare est le moment où on se pose vraiment et où on réalise un peu d’introspection. Laissez toute la scène monter et descendre dans votre corps (c’est là où l’auteur part en couilles et commence à fumer ses chaussettes de montagne), elle doit parcourir toute la surface de votre corps et à chaque passage, rajoutez un détail en plus, jusqu’à épuisement. Finalement, revenez petit à petit à l’écran noir et ouvrez délicatement les yeux, vous êtes de nouveau allongé sur votre lit ou votre canapé et méditez sur l’expérience éprouvée. » Pour être honnête, je me suis pris au jeu et en fonction du degré d’emprise ou de stupidité, ça dépend des septiques ou non, ça m’a fait un bien fou et je le recommande quand on ne sait pas trop quoi faire et au lieu de se masturber ou de perdre son temps sur son ordinateur, un peu de méditation ou de yoga ne peut que faire du bien !

Non classé | Perso | 06.09.2016 - 21 h 28 | 1 COMMENTAIRES
Looking : The Movie ou la fin sérieuse d’une série gay

Comment ne pas être heureux et enthousiaste de revoir la bande habituelle : Augustin, Patrick, Richie, le beau Dom et Doris pour les principaux, comment ne pas se mordre les doigts et les lèvres quand on apprend que la série ne sera pas reconduite pour une troisième saison et que la fin sera un film d’1h20. Triste et en même temps satisfait de ne pas voir LA série moderne gay être bâclée par une fin minable dans un dernier épisode fait à la va-vite. Là, au moins, ils ont écouté les fans déçus et toute la clic a répondue présente pour un dernier au-revoir qui conclut cette série magnifique. Un film d’1h20 environ, intitulé sobrement Looking the Movie, un retour aux sources et une ellipse temporelle après une fin de saison un peu chaotique et prise de tête. On a le plaisir de retrouver la joyeuse bande super cool, qu’on aimerait tellement avoir dans sa poche en voyage, les petites intrigues amoureuses car c’est le fondement de la série, hormis peut-être l’accent mis sur le mariage gay qui, au moment de la sortie du film, commençait à prendre de l’ampleur un peu partout dans le monde. Un film pour aussi revendiquer la cause gay dans un pays qui s’ouvre petit à petit, un film pour clore des intrigues et rire avec des larmes pleins les yeux. C’est toujours un peu compliqué de cerner les sentiments qui nous assaillent lors d’un ultime épisode, je sais jamais dans quelle position je dois me mettre : la déception que la série soit terminée, la joie de revoir une dernière fois des personnages que j’apprécie, le côté pointilleux d’essayer de voir le mal dans une fin brutale. Je sais jamais où me placer et pourtant, là, je suis heureux tout simplement car je ne spoilerais pas la fin pour les adeptes qui n’ont pas encore vu le film et qui comme moi se sont réveillé en voyant sur Internet que la fin de Looking était déjà sortie depuis le 27 Juillet, alors pour ceux-là, vite vite regardez-le vite et sans ménagement ! La BO est toujours aussi gay et impeccable, toujours aussi accompagnante dans des scènes qui, toutes seules, deviendraient culculs, écoutez Hood du magnifique groupe Perfume Genius (la musique Learning n’est autre que le générique de la saison 2 de Transparent et le morceau au piano est somptueux) qui est une des musiques finales. Le générique terminé, on sèche des larmes de bonheur et on fait le deuil de cette série vraiment attachante et prenante qui, pour une fois, ne tombe pas dans la stigmatisation de gays en marge ou reclus de la société, contraints de cacher leur identité. Au contraire, elle dresse le portrait de gays branchés, sans tomber dans le cliché et elle est un argument de plus pour montrer à tout le monde que les gays ne s’enculent pas tous en levrette et qu’ils peuvent même se regarder dans les yeux pendant l’acte, comme des humains.

Non classé | Perso | 01.09.2016 - 10 h 32 | 0 COMMENTAIRES
Vies Quotidiennes Délurées 3

19:00 Un pas dans ma chambre, un autre dans mon âme

Quel blasement que d’être entouré d’êtres stupides ! Une sonnerie retentit du couloir jusqu’à mon oreille valide. J’entends des rires forcés, des phrases malheureuses, dépourvues d’intérêt et de conjugaison.

19:47 SNCF quand tu nous tiens…

Dans une gare d’une ville de province, je suis assis dans un coin de la gare à scruter des yeux tous les gens qui passent devant moi. Je vois des jeunes filles assises sur leurs valises comme exténuées d’une journée de collège trop harassante. J’entends le grincement d’une porte mal huilée, un rouage vieux d’une dizaine d’années qui hurle sa douleur aux oreilles des personnes pressées par le temps, arrivant à trop tard. Les taxis avares attendent comme des chiens des humains avides de luxure, aimant montrer leur dépense aux yeux de tous. Les vieux qui traînent des pattes dans des nu-pieds achetés dans des supermarchés. Les poussettes chargées de vivre, de hochets, de lingettes qui sentent le jasmin ou l’eucalyptus, les parents fatigués de pousser ce chariot si lourd et l’enfant heureux, innocent, terriblement bien assis dans son siège confort. Les notes de piano, enchanteresses, embaument de leur magie musicale un hall de gare si blanc et si froid. Les wagons céréales vrombissent, font trembler le sol, faisant résonner dans les têtes déjà explosées par la journée de travail et finissent d’achever les hommes déjà migraineux. Les alcoolos de comptoir se trimbalent bouteille de bière entamée dans les mains, leur visage rougie par l’alcool qui les ronge depuis des années, une pathologie chronique dégueulasse qui tue à petit feu, en faisant des dégâts partout où elle passe, dans la bouche, la gorge, l’œsophage, l’estomac, le foie, le pancréas et j’en passe. L’hymne à la joie résonne, répétitif quasi mystique, quasi inarrachable. On a envie de hurler dans ce hall la haine, la colère d’un quotidien ruiné par les retards de la SNCF. On entend les bobos gueuler de leur voix snob. Les conversations inutiles des repas composés de poulets ou autres volailles exultent un quotidien navrant et d’une débilité banale. Le bébé qui dégueule tout son lait sur la chemise propre de son père hipster et riche, les hommes en costume traversent une rame bondée, exhibant leur barbe taillée au poil de cul, leurs boutons de manchettes aussi chères que leurs chaussures, leur attaché-case flambant neuf contenant un godemiché ou un fouet car comme on le sait, ce n’est pas des documents secrets ou parlant de l’entreprise qui composent une valise de travail. NON. Un objet de sexe et de débauche souvent à la place, cachés sous des faux dossiers en papier. Ne nous prenez pas pour des cons!

5:31 Rame de métro quelconque

J’adore prendre le dernier tram ou le premier tram de la journée comme dans Théo et Hugo dans le même bateau, ça a un côté vraiment découverte, genre aventurier qui avance dans une jungle touffue et dense, un peu comme si on faisait un cuni à une femme en jachère un peu repoussée par l’hygiène. C’est ce côté terre inconnue et découverte totale qui me plaît beaucoup car les premiers transports, ça reflète vraiment la vie de la ville : on voit des hommes d’affaire avec encore la marque de l’oreiller sur le front, la femme de ménage épuisée par sa nuit de boulot, les jeunes qui sortent de boite encore bien bourrés et qui rentrent chez eux, le bras sur la conquête du soir et l’autre main dans la culotte. On sait très bien ce qu’ils vont faire en arrivant, un petit vomi, l’autre étalé sur le lit en train de comater tranquillement, les bites se rangent et rien ne se passe au final. Les premiers trams, c’est aussi l’expression et l’attitude des gens : ceux qui sont malades et qui cachent sans effort une envie pressante et qui peut partir d’une seconde à l’autre, les gays qui osent s’affirmer dans une rame de métro vide, soit en se tenant la main ou en s’enlaçant comme deux vieux potes en pleine bromance. C’est ça aussi qui me plaît, assis sur un banc le long de la rame de métro, j’observe ces 2 mecs qui se collent l’un contre l’autre, l’un brun barbu musclé, l’autre plutôt blond et mince, ils se caressent le visage, se regardent les yeux dans les yeux, on sent une tension sexuelle plus que palpable, les paquets se découvrent et gonflent à vue d’œil, on sent aussi une réelle complicité et ça me fait chialer de voir ces 2 mecs se foutre totalement du regard des autres (faut dire qu’il y a pas grand monde à 5h du matin…), à se tâter entre eux sans vergogne. Moi, triste et seul sur mon banc, je me lève pour prendre le métro et le couple disparaît de ma vue en montant. Prendre un tramway ou un métro tôt ou tard, c’est voir les clochards qui dorment dans la rame ou sur les sièges, des sacs plastiques enroulés autour des chevilles et des poignets, étalés de toute leur longueur en prenant 4 sièges à eux tout seul, c’est sentir leur haleine remplie d’alcool et de fumette, c’est sentir la pauvreté et le triste sort d’un individu confronté à lui-même. Des pédés, des clochards, des pauvres, des super riches, des jeunes, des vieux, il y a tout ce qu’on veut à ces heures-là et j’apprécie grandement la diversité de ces lieux, je mets de côté ma fatigue du moment pour pouvoir regarder de mes jeunes yeux la population d’une ville qui ne s’arrête jamais.

17:23 Dans un parc en pleine promenade estivale

Je cours pour m’activer, je me bouge le cul pour perdre ces kilos en trop qui font que mon ventre ressort et forme un dôme difficile à cacher, je cours pour suer de grosses gouttes, histoire d’être bien puant et puis aussi pour croiser de beaux hommes musclés qui eux aussi courent, cheveux au vent, paquet en apparence, bref, une vue parfaite à ne pas louper. Il m’arrive d’en croiser des vraiment pas mal mais aussi et c’est ça qui me désespère, des fofolles. Depuis que je me suis affirmé, j’ai toujours eu du mal à côtoyer ou à apprécier les folles, vous voyez les clichés en superlatif des gays avec des manières, des couleurs flashy ou fluo, une voix assez perchée et le cul toujours en l’air, histoire de choper la première queue à portée. Évidemment, je dis pas forcément que les folles ressemblent toutes à ça mais quand il y a un de ces comportements, je me sens mal à l’aise, pourtant j’ai beaucoup parlé avec des pédés un peu efféminé sans être folles mais je me suis toujours refusé de coucher avec des folles ou de leur parler car rien que leur attitude me déplaît. On peut aimer les bears, les efféminés, les folles, les virils et j’en passe, chacun ses préférences, ça fait pas de nous des hommes aigris ou « discriminateurs ». Pour revenir au parc, il m’est arrivé plusieurs fois de croiser tout le temps le même mec, cheveux colorés blond platine, brun en cheveux de base, imberbe, maigrichon, courant comme une petite fillette esseulée. La première fois, j’ai pris ça pour un sketch car il rassemblait à lui tout seul à tous les traits caractéristiques du cliché. Par contre, il courait vraiment longtemps voire plus longtemps que moi, où moi, je peinais à traîner ma brioche trop grasse et trop lourde. Il n’y avait que son cul qui me plaisait chez lui, il était certes globalement maigre, aussi fragile qu’une chaussure de verre et pourtant son cul était si musclé. Quand il passait devant moi pour me dépasser, j’étais comme attiré par son atout bombé, c’était ma carotte pour courir plus vite et plus longtemps. Il ne se retenait pas quand un beau gosse passait en sens inverse, il se retournait grossièrement en matant son cul et il me voyait moi qui traînait derrière lui, il croisait mon regard 2 secondes puis repartait tout droit, désintéressé. J’aurais pas fait grand chose avec lui, il avait l’air d’être un petit con égoïste qui ne pense qu’à son propre plaisir et à se rincer les yeux sur des hommes de couverture de magazine, pas pour moi qui vise beaucoup plus bas et plus naturel.

Culture | Non classé | Perso | 28.08.2016 - 15 h 29 | 0 COMMENTAIRES
En lisant du Bukowski, … Journal d’un Vieux Dégueulasse

Ce qui ressort de l’écriture de Bukowski, c’est la rapidité avec laquelle il enchaîne les phrases et les coups de tonnerre, l’incision de ces mots qu’il pioche dans sa tête remplie d’anecdotes toutes plus farfelues et vraies, de poèmes et de sensibilité. Une sensibilité qui n’apparaît qu’entre les mots, cachée de tous, impossible à prédire devant la vulgarité et l’obscénité de ses histoires. C’est justement l’atout principal de Bukowski, il a tellement vécu de scènes et d’histoires dans sa vie, il a tellement fait tous les métiers possibles et imaginables qu’il est à même de pouvoir raconter tout et n’importe quoi à ses lecteurs passionnés. Je suis tombé par hasard sur un de ses premiers livres Journal d’un vieux dégueulasse, un recueil de chroniques écrites à la va-vite pour un journal local sans intérêt et ça m’a pris en haleine du début jusqu’à la fin car il a cette facilité à intéresser son auditoire pour la sodomie et les bromances, les putes, la bière et le vin. Il est dégueulasse, répugnant, au physique ingrat et c’est ça qui fait tout son charme. Enfin un écrivain de la rue, pauvre et terrifiant, pas un de ces bobos parisiens qui va chercher son inspiration dans le cul de ses maîtresses et dans les hôtels particuliers. Bukowski est le conteur de la rue et de toute son activité aux États-Unis depuis les années 70, écrivain dit raté, ses recueils et ses poèmes sont impubliables et personne n’ose montrer ça aux gens, rien que le fait de savoir qu’on peut aimer lire du Bukowski vous fait changer de quartier car c’est pornographique et ostentatoire. Jamais personne ne peut aimer lire du cul et se délecter en plus d’une prose agréable, perdue entre les mots nichon, tété, chatte et j’en passe. Certes, c’est vulgaire mais c’est véritable et légitime. Pas besoin de passer par des métaphores pompeuses ou illisibles, il décrit directement la scène qu’il lui est arrivée. Parfois, il peut s’agir d’histoires inventées mais elles sont aussi folles et impensables que les autres. Quand on sait qu’il a rencontré de son vivant Allen Ginsberg, Jack Kerouac et d’autres hommes de la Beat Generation, Sir Henry était bien entouré et adulé auprès de ses confrères.

Ca ne m’était jamais arrivé de tomber autant amoureux d’un style et d’un écrivain, après Journal d’un vieux dégueulasse, j’ai dû acheter Contes de la folie ordinaire et Souvenir d’un pas grand-chose et je ne m’arrêterais pas en si bon chemin car on a beau être habitué par son style, ses histoires sont toutes aussi alléchantes. Loin d’être répétitif, au contraire. Dommage qu’il soit parti si vite, victime de sa débauche et de ses addictions et je trouve encore qu’il est inconnu pour la plupart des gens, condamné à être connu et lu par une minorité curieuse et adepte de folie, malheureusement. Alors je vous en supplie, lisez au moins le Journal d’un vieux dégueulasse et faites-vous une idée par la suite, bonne ou mauvaise impression, il ne nous laisse pas indifférent.

Culture | Perso | 28.08.2016 - 14 h 11 | 4 COMMENTAIRES
« The Way He Looks » (« Au premier regard » en français) ou un amour véritable et invisible

De Daniel Ribeiro (2014)

Avec Ghilherme LoboFàbio AudiTess Amorim

Bande annonce en version originale, sous-titrée

Je suis tombé par hasard sur ce film dans une liste sans fin de films LGBT à voir absolument et j’en suis tombé amoureux. Un film naturel, brésilien avec de beaux et jeunes acteurs/actrices, gay mais aussi sensuel, sans rentrer dans du cul-cul lassant et vomitif.

Le speech en rapide : 

« Un jeune homme prénommé Léonardo, aveugle de naissance, vit sa vie d’écolier avec l’aide de sa meilleure amie Gi. Ce petit monde est bousculé quand un nouveau arrive dans la classe, Gabriel… »

La description d’un film romantique tout joyeux, parfait pour une soirée seul(e) ou accompagné(e), pour tuer le temps avec un film de qualité, sans perdre son cerveau ni son sens critique. Quand on survole la présentation, on peut se dire que c’est encore  une première histoire d’amour impossible entre deux jeunes hommes, où l’un des deux ne va pas assumer son côté gay et laisser l’autre en plan pour ne plus jamais se retourner et vivre ainsi sa vie d’homo refoulé. NON, c’est au contraire, un film sans surprises avec de la tendresse et une nouvelle approche car il s’ajoute un handicap dans l’histoire : être aveugle. Ça fait ressortir le fait que dans une histoire d’amour, la vision n’a peut-être pas obligatoirement sa place et être aveugle induit ainsi une certaine marque de sensualité qui se surajoute comme les caresses, l’odeur, l’ouïe et la voix charmante de l’être aimé. C’est tout un système de séduction repensé et réutilisé, charmant et beaucoup plus fort et profond qu’une approche amoureuse « traditionnelle » avec des mots, des jeux de regards et j’en passe… Et c’est ça qui touche dans ce film, au début, on le voit dépendant de sa meilleure amie et enfermé dans une routine à deux et là, rien que de faire arriver un troisième compagnon, bouscule les codes et les sentiments, les projets d’avenir et toute la vision qu’on avait du futur. Un peu comme si on se levait tous les matins hétéro depuis sa naissance, qu’on tombait sur un magnifique mec par hasard et que, derrière, toute sa conception individuelle subissait un tremblement de terre dévastateur, un changement de mentalité efficace et surprenant. De plus, on peut se dire qu’au vu de l’âge des acteurs, le film va tomber dans la scène de sexe rapidos hyper gênante ou encore l’engueulade avec les parents quand ils découvrent la sexualité de leur fils adoré comme un bon gros film LGBT de base, pas besoin de ça… Les sous-entendus et la timidité juvénile donnent à ce film un brin d’air frais dans une forêt de clichés grossiers et racoleurs.

Le film a raflé énormément de récompenses un peu partout où il a été nominé, le jeu des acteurs et particulièrement celui de Léo est remarquable, Gabriel est vraiment craquant par ailleurs. Si vous ne savez pas quoi faire un soir et que vous cherchez un film attendrissant et simple, regardez-le vite!

Culture | Non classé | 05.06.2016 - 09 h 38 | 0 COMMENTAIRES
Cinépride Nantes 2016

Comment ne pas passer à côté de cet événement culturel si intéressant et si ouvert d’esprit ? On ne peut pas ne pas y aller quand on habite dans le coin : on achète son billet sur Internet ou sur place, il reste en général quelques places, on donne son ticket à déchirer, on se dirige en salle 2, on monte quelques marches et nous voilà dans une belle salle, assez grande pour accueillir pleins de spectateurs curieux et heureux de découvrir un genre cinématographique de plus en plus populaire. On le voit maintenant dans des films comme Tangerine aux Etats-Unis qui gagnent des prix, l’Independant Film Award dans l’exemple de Tangerine ou encore les films de Xavier Dolan qui acquièrent d’années en années une notoriété mondiale, plusieurs fois primé à Cannes et dans d’autres festivals. On ne peut être qu’heureux d’un tel intérêt, témoin d’un changement des mentalités, les films LGBT ne sont plus vus comme l’expression d’une minorité montrée du doigt, c’est plus vrai pour les films gays que pour les films trans mais heureusement, il y a eu de l’évolution depuis une dizaine d’années.

Je vous invite à regarder la bande annonce du festival qui promet vraiment, cet article est certes un peu tardif mais au moins, ça peut vous chauffer pour aller y faire un tour l’année prochaine. Cette année, le festival a fait plus parlé de lui, contre son gré d’ailleurs, au sujet des pertes de subventions accordées par la région… Comment peut-on se désintéresser d’un festival vieux de plus de 10 ans du jour au lendemain, sur fond cruel d’homophobie et de transphobie ? Le pire, c’est que ce n’est pas un phénomène isolé et que des fonds sont souvent détournés pour d’autres événements plus « normaux et populaires ». DÉSESPÉRANT ! Enfin, le petit coup de gueule de passé, on revient à la sélection de films qui cette année, je dois dire, est particulièrement bien choisie : on passe de films plutôt grand public à des films authentiques, modestes et crus.

Je le dis maintenant, je n’ai pas pu malheureusement voir chaque film du festival mais j’en ai fait une petite sélection :

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Le premier Théo et Hugo dans le même bateau d’Olivier Ducastel et Jacques Martineau, il y avait la projection du film suivie d’une séance de questions-réponses avec les réalisateurs. Ce film est vraiment excellent que ce soit par l’authenticité du jeu des acteurs que par le scénario qui est loin d’être si naïf au premier abord. Une femme dans le public a dit très justement que ce film pourrait être un film de prévention au vu de la progression des personnages et de leur situation commune. Mais c’est pour moi, plus qu’un film de prévention, c’est aussi un film d’AMOUR en majuscules s’il vous plaît! Je ne veux pas vous spoiler ce beau film mais il est l’image des réalisateurs, c’est-à-dire engagé, modeste, revendicatif, éducatif, amoureux.

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Le deuxième qui m’a beaucoup plu est Real Boy de Shaleece Haas qui trace la transition d’un jeune trans Bennett Wallace avec ses peines et ses joies et l’évolution de l’acceptation de sa situation par sa mère. On voit progressivement le changement des mentalités de cette nouvelle qui peut être bouleversante pour la famille et qui plus tard, est acceptée. C’est un beau film qui, selon les concerné(e)s, reflètent une réalité et une véritable histoire individuelle. Ben est une histoire, il y en a pleins d’autres qui ne demandent qu’à être narrées.

Asian

Je termine sur la sélection des courts-métrages dont on voit une grande partie dans la bande-annonce. Les courts-métrages sont à l’image du festival : hétéroclites, sentimentaux et drôles. Celui qui m’a le plus plu est un petit film nommé D. Asian, l’histoire d’un enfant qui s’amourache d’un camarade asiatique, un film fort de sens et de déclarations, percutant et amusant de par le jeu des jeunes acteurs et les dialogues incisifs.

Je vous conseille grandement d’aller y faire un tour par curiosité, hétéros ou LGBT car c’est certes un festival de films LGBT mais ce n’est pas exclusivement réservé pour eux/elles. Bon(s) film(s) !

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